2 000 € de chiffre d'affaires par mois : quel net selon votre statut ?
Vous visez 24 000 € de chiffre d'affaires sur l'année, en complément d'un emploi ou pour une première année d'activité ? Le simulateur ci-dessous estime ce qu'il vous restera chaque mois en micro-entreprise, en EI au réel, en EURL, en SASU ou en portage salarial.
2 000 €/mois de CA : le net par statut
L'ACRE n'est plus automatique depuis 2026 : vérifiez votre éligibilité avant de cocher cette case.
2 000 € de CA par mois : ce qu'il faut savoir à ce niveau
Repères chiffrés pour une activité de démarrage : 24 000 € encaissés sur douze mois, aucun frais saisi, un foyer fiscal d'une part sans autre revenu.
Net mensuel en micro-entreprise selon l'activité et l'ACRE
| Activité | Sans ACRE | ACRE, création depuis le 1ᵉʳ juillet 2026 (25 %) | ACRE, création avant le 1ᵉʳ juillet 2026 (50 %) |
|---|---|---|---|
| Vente de marchandises | 1 754 € | 1 816 € | 1 877 € |
| Prestation de services (BIC) | 1 576 € | 1 682 € | 1 788 € |
| Profession libérale, régime général (BNC) | 1 488 € | 1 616 € | 1 744 € |
| Profession libérale, Cipav (BNC) | 1 536 € | 1 652 € | 1 768 € |
Hors micro-entreprise, sans ACRE ni frais réels, le net mensuel est d'environ 1 416 € en EURL à l'IS, 1 412 € en EI au réel ou en EURL à l'IR, 1 166 € en SASU et 1 045 € en portage salarial.
Vos frais réels : le vrai point de bascule
Si vous saisissez vos dépenses professionnelles dans le simulateur, il les retranche du net de la micro-entreprise : elles sortent de votre poche sans réduire vos cotisations ni votre impôt, alors qu'au réel elles réduiraient aussi les deux. À 2 000 € de CA mensuel, chaque centaine d'euros de frais pèse donc lourd.
En retranchant ces frais du net micro, un statut au réel prend l'avantage, pour 24 000 € de CA annuel, à partir d'environ :
- en prestation de services (BIC) : environ 6 500 € de frais par an (≈ 540 € par mois)
- en profession libérale régime général : environ 2 900 € de frais par an (≈ 240 € par mois)
- en profession libérale Cipav : environ 4 800 € de frais par an (≈ 400 € par mois)
- en vente de marchandises : environ 14 000 € de frais par an (≈ 1 167 € par mois)
Autrement dit, un freelance BIC qui dépense plus de 540 € par mois pour travailler a intérêt à regarder l'EI au réel ou l'EURL, tandis qu'un revendeur peut dépenser la moitié de son chiffre d'affaires en achats avant que la micro-entreprise cesse d'être la meilleure option. Ces seuils appliquent le barème 2026 des cotisations des indépendants pour l'EI et l'EURL, et une estimation pour la SASU : faites-les confirmer par un expert-comptable avant de changer de statut, et consultez le guide des frais déductibles par statut.
À 2 000 € par mois, le vrai sujet est souvent le démarrage
Ce niveau de chiffre d'affaires correspond fréquemment à une première année d'activité ou à une activité menée à côté d'un emploi. Trois conséquences pratiques en découlent :
- L'impôt sur le revenu est nul. En prestation de services, le revenu imposable de la micro-entreprise est de 12 000 € par an après l'abattement de 50 %, ce qui donne un impôt brut d'environ 44 € avec le barème 2026, entièrement effacé par la décote pour une part fiscale. Ce chiffre ne tient pas compte de vos autres revenus : si vous êtes aussi salarié, c'est l'ensemble du foyer qui est imposé.
- L'ACRE, si vous y avez droit, change sensiblement le résultat. Pour une micro-entreprise de prestation de services créée depuis le 1ᵉʳ juillet 2026, le net passe d'environ 1 576 € à 1 682 € par mois ; pour une création antérieure encore dans sa période d'exonération, il atteint environ 1 788 €. L'éligibilité n'est plus automatique depuis 2026 : vérifiez-la avant de compter dessus.
- La SASU n'est pas conçue pour ce niveau. Le simulateur optimise la répartition rémunération/dividendes : à 24 000 € par an, le calcul aboutit à ne verser aucune rémunération et à tout sortir en dividendes, ce qui maximise le net mais ne vous ouvre à peu près aucun droit social (retraite, indemnités journalières). Le net affiché pour la SASU (environ 1 166 € par mois) s'entend donc sans protection sociale.
Si vous cumulez avec un emploi salarié, les règles du cumul s'appliquent ; si vous créez en sortant d'un emploi, comparez d'abord le maintien de l'ARE et le versement de l'ARCE.
Cas concret : 2 000 € de CA par mois, en pratique
Ce palier correspond souvent à un démarrage ou à une activité menée à côté d'un emploi. Au-delà du choix du statut, deux questions pratiques se posent vite : combien de journées faut-il vendre, et combien faut-il garder de côté pour les prélèvements ?
Le volume de travail nécessaire
| Tarif journalier | Jours à facturer par mois |
|---|---|
| 150 € | 13,3 jours |
| 250 € | 8 jours |
| 400 € | 5 jours |
| 600 € | 3,3 jours |
À 250 € la journée, 8 jours facturés par mois suffisent : c'est le niveau d'une activité complémentaire, compatible avec un emploi à temps partiel sous réserve des règles du cumul salarié et micro-entreprise. À 150 € la journée, il en faut plus de 13, soit déjà plus d'un mi-temps facturé.
Attention au calendrier : un indépendant ne perçoit pas de congés payés. Pour tenir une moyenne de 2 000 € tout en s'arrêtant un mois dans l'année, il faut encaisser environ 2 182 € sur chacun des onze autres mois.
L'argent à ne pas dépenser
Sur chaque mois à 2 000 €, une partie de l'encaissement revient à l'Urssaf et au fisc. D'après les montants du tableau (sans ACRE, une part fiscale), cela représente :
- prestation de services (BIC) : environ 424 € par mois, soit 21,2 % du CA ;
- profession libérale au régime général (BNC) : environ 512 € par mois, soit 25,6 % du CA ;
- vente de marchandises : environ 246 € par mois, hors coût d'achat des marchandises, qui s'y ajoute.
À ce niveau, l'impôt sur le revenu est nul pour une part fiscale sans autre revenu (la décote l'efface en prestation de services comme en profession libérale) : la réserve correspond donc entièrement aux cotisations sociales, que vous payez au moment de chaque déclaration de chiffre d'affaires, mensuelle ou trimestrielle.
Et si vous passiez à 2 500 € ?
Cinq cents euros de chiffre d'affaires mensuel en plus ne font pas gagner la même chose selon le statut. Selon le simulateur, sans frais ni ACRE, le passage à la page 2 500 € de CA par mois ajoute :
- micro-entreprise, prestation de services (BIC) : +394 € net (79 %)
- micro-entreprise, profession libérale au régime général : +338 € (68 %)
- EURL à l'IS : +308 € (62 %)
- EI au réel ou EURL à l'IR : +283 € (57 %)
- SASU : +292 € (58 %)
- portage salarial : +261 € (52 %)
En micro-entreprise, la part conservée varie peu d'un palier à l'autre, car les cotisations y sont proportionnelles au chiffre d'affaires et l'impôt reste faible. Le portage salarial est celui qui transforme le moins bien un euro de CA supplémentaire en net, à cause des frais de gestion et des cotisations salariales et patronales.
Combien de net avec un autre montant de CA par mois ?
Même modèle de calcul, à un autre palier de chiffre d'affaires mensuel :
À 2 000 € par mois, la question du chômage passe avant celle du statut
Le portage salarial affiche le net le plus bas de ce palier (environ 1 045 € par mois, contre 1 576 € en micro-entreprise pour une prestation de services). Cet écart d'un peu plus de 500 € par mois correspond pour une large part à ce que le portage finance : le porté est salarié de la société de portage, cotise à l'assurance chômage et peut donc ouvrir des droits à l'ARE à la fin de ses missions, sous les conditions habituelles.
Aucun des autres statuts n'ouvre ce droit. Les travailleurs indépendants peuvent seulement prétendre, sous des conditions strictes (cessation d'activité non volontaire notamment), à l'allocation des travailleurs indépendants (ATI), d'un montant et d'une durée limités. Pour une activité qui démarre et dont l'avenir est incertain, cet élément mérite d'être pesé autant que le net mensuel.
Si vous quittez un emploi pour vous lancer, vos droits au chômage acquis en tant que salarié restent en revanche mobilisables quel que soit le statut choisi : voir ARE ou ARCE. Le tableau complet des protections par statut figure sur le comparateur multi-statuts.
Sources officielles
- France Travail — allocation des travailleurs indépendants (ATI) et ARE
- Urssaf — portail auto-entrepreneur (taux et déclarations)
- Entreprendre.service-public.fr — ACRE et cumul emploi-création
Questions fréquentes
Que reste-t-il de 2 000 € facturés chaque mois en micro-entreprise ?
Sur 24 000 € encaissés dans l'année, un prestataire de services (BIC) sans ACRE verse environ 5 088 € de cotisations sociales (21,2 %) et aucun impôt sur le revenu : l'impôt brut calculé sur 12 000 € après l'abattement de 50 % (environ 44 €) est entièrement effacé par la décote (une part fiscale, barème 2026). Il lui reste environ 1 576 € par mois. Selon l'activité, ce net varie : environ 1 754 € en vente de marchandises, 1 536 € pour un libéral relevant de la Cipav et 1 488 € pour un libéral au régime général, qui cumule le taux de cotisation le plus élevé (25,6 %) et un abattement de 34 % seulement.
Micro-entreprise ou société avec 2 000 € de CA mensuel ?
Sans frais professionnels, la société ne rapporte pas plus que la micro-entreprise à ce niveau : environ 1 416 € net par mois en EURL à l'IS et 1 166 € en SASU, contre 1 576 € en micro-entreprise pour une prestation de services. L'intérêt du réel apparaît avec les dépenses : au-delà d'environ 6 500 € de frais par an pour un prestataire BIC, et d'environ 2 900 € pour un libéral au régime général, un statut au réel reprend l'avantage selon le modèle du site.
Faut-il facturer la TVA avec 2 000 € de CA par mois ?
Non, en règle générale. 24 000 € par an reste sous le seuil de base de la franchise en TVA, fixé en 2026 à 37 500 € pour les prestations de services et à 85 000 € pour la vente de marchandises. Vous facturez donc hors TVA avec la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI », sauf si vous optez volontairement pour la TVA ou si votre activité relève d'une règle particulière.
Combien de jours faut-il facturer pour faire 2 000 € de CA par mois ?
Il suffit de diviser 2 000 € par votre tarif journalier : environ 13 jours à 150 €, 8 jours à 250 €, 5 jours à 400 € et un peu plus de 3 jours à 600 €. Si vous prenez environ un mois de congés par an, il faut viser environ 2 182 € de CA sur chacun des 11 mois travaillés pour garder une moyenne de 2 000 € sur l'année.