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Frais professionnels déductibles par statut

En bref : En micro-entreprise, aucun frais n'est déductible individuellement : l'abattement forfaitaire (34 %, 50 % ou 71 % selon l'activité) est réputé tout couvrir ; en comptant les cotisations, le réel devient pourtant plus avantageux bien avant que vos frais l'atteignent (environ 6 600 € de frais pour 50 000 € de chiffre d'affaires en profession libérale). Au réel (EI, EURL, SASU), les frais professionnels se déduisent catégorie par catégorie : barème kilométrique pour le véhicule, petit matériel de moins de 500 € HT passé en charge immédiate et amortissement au-delà, local, formation, assurance.

« En micro-entreprise, l'abattement forfaitaire couvre les frais ; en EURL ou SASU, les frais réels sont déductibles » — cette règle générale est juste, mais elle ne dit rien des catégories concrètes de dépenses (véhicule, matériel, local, formation, assurance) ni de leurs règles propres. Ce guide détaille chaque catégorie.

Le principe : abattement forfaitaire ou frais réels

En micro-entreprise, aucune des catégories ci-dessous n'est déductible individuellement : l'abattement forfaitaire (34 %, 50 % ou 71 % du chiffre d'affaires selon l'activité) est censé couvrir l'ensemble des charges professionnelles, qu'elles aient été réellement engagées ou non. Acheter 3 000 € de matériel n'y change rien : ni les cotisations, ni l'impôt ne baissent en conséquence. En EI au régime réel, EURL ou SASU, chaque dépense professionnelle réellement engagée et justifiée réduit le résultat imposable — à condition de respecter les règles propres à chaque catégorie, détaillées ci-dessous.

À partir de combien de frais le réel devient-il plus avantageux ?

On lit souvent qu'il faut passer au réel dès que ses frais dépassent l'abattement forfaitaire. C'est vrai pour l'impôt seul, pas pour ce qui vous reste. Opter pour un régime réel d'imposition (articles 50-0 et 102 ter du code général des impôts) fait sortir de la micro-entreprise et donc du régime micro-social : vos cotisations ne se calculent plus sur le chiffre d'affaires mais sur le bénéfice, après déduction des frais. En comptant cotisations et impôt, l'entreprise individuelle au réel devient plus avantageuse bien plus tôt.

Activité (abattement micro)CA de 30 000 €CA de 50 000 €CA de 80 000 €
Profession libérale, BNC régime général (34 %)≈ 3 400 €
(≈ 4 800 €)
≈ 6 600 €
(≈ 7 400 €)
≈ 11 100 €
(≈ 12 200 €)
Prestations de services BIC (50 %)≈ 8 000 €
(≈ 10 400 €)
≈ 15 100 €
(≈ 16 300 €)
≈ 25 100 €
(≈ 25 900 €)
Vente de marchandises (71 %)≈ 17 200 €
(≈ 19 800 €)
≈ 28 700 €
(≈ 31 100 €)
≈ 47 300 €
(≈ 48 500 €)

Frais professionnels réels annuels à partir desquels l'EI au réel laisse plus de net que la micro-entreprise, après cotisations sociales, contribution à la formation professionnelle et impôt sur le revenu. Entre parenthèses : le même seuil si la tenue d'une comptabilité au réel (logiciel, expert-comptable) vous coûte 1 000 € de plus par an — hypothèse du site, à remplacer par votre propre devis. Sans ACRE, sans versement libératoire, une part fiscale, sans autre revenu, barème 2026. Calculé le par le moteur du comparateur multi-statuts, arrondi à la centaine d'euros.

Exemple : en profession libérale avec 50 000 € de chiffre d'affaires et 6 600 € de frais, la micro-entreprise coûte environ 12 900 € de cotisations et 3 000 € d'impôt, l'EI au réel environ 13 600 € de cotisations et 2 300 € d'impôt : il reste environ 27 500 € dans les deux cas. Au-delà de ces frais, le réel l'emporte ; en dessous, la micro-entreprise.

Ces seuils bougent avec votre situation : autres revenus du foyer, ACRE, versement libératoire, frais de comptabilité réels. Le réel impose aussi une comptabilité complète, et l'option se prend à l'avance, dans les délais fixés par ces deux articles. Pour votre cas, saisissez vos frais dans le champ « Charges professionnelles réelles annuelles » du comparateur multi-statuts : il affiche le net des deux régimes côte à côte.

Véhicule : barème kilométrique ou frais réels

Un indépendant au régime réel (EI, EURL) peut déduire ses frais de véhicule de deux façons : au barème kilométrique officiel (même barème que pour les salariés, fixé par arrêté), ou aux frais réels justifiés (carburant, entretien, assurance, amortissement, au prorata de l'usage professionnel). Le barème kilométrique simplifie le suivi puisqu'il suffit de justifier la distance parcourue à titre professionnel, sans conserver chaque facture.

PuissanceJusqu'à 5 000 kmDe 5 001 à 20 000 kmAu-delà de 20 000 km
3 CV et moinsd × 0,529 €(d × 0,316 €) + 1 065 €d × 0,370 €
4 CVd × 0,606 €(d × 0,340 €) + 1 330 €d × 0,407 €
5 CVd × 0,636 €(d × 0,357 €) + 1 395 €d × 0,427 €
6 CVd × 0,665 €(d × 0,374 €) + 1 457 €d × 0,447 €
7 CV et plusd × 0,697 €(d × 0,394 €) + 1 515 €d × 0,470 €

« d » = distance parcourue en kilomètres. Barème inchangé depuis 2025 (arrêté du 27/03/2023). En société (EURL, SASU), le même barème peut servir à calculer une indemnité kilométrique versée au dirigeant pour l'usage professionnel de son véhicule personnel, déductible du résultat de la société.

Matériel informatique : charge immédiate ou amortissement

Un ordinateur, une imprimante ou tout autre matériel professionnel de moins de 500 € HT peut être passé directement en charge l'année de l'achat, plutôt qu'amorti (tolérance administrative reprise au BOFIP, seuil apprécié bien par élément et non sur le total des achats). Au-delà de 500 € HT, le matériel doit en principe être immobilisé et amorti sur sa durée d'utilisation réelle (généralement 3 ans pour du matériel informatique, mais aucun barème officiel unique n'impose cette durée — elle dépend de l'usage réel constaté).

Local professionnel ou domiciliation

Le coût d'une domiciliation commerciale, d'un local dédié ou, pour un bureau à domicile, une quote-part des charges du logement (loyer ou intérêts d'emprunt, charges, assurance, au prorata de la surface professionnelle) est déductible au régime réel. En micro-entreprise, ce poste n'ouvre droit à aucune déduction distincte : il est réputé couvert par l'abattement forfaitaire, quel que soit le montage retenu (domicile personnel, coworking, société de domiciliation).

Formation

Tout indépendant cotise à la contribution à la formation professionnelle (CFP), recouvrée par l'Urssaf, qui ouvre droit à une prise en charge partielle ou totale de formations par l'organisme compétent selon l'activité (Agefice pour le commerce, FAFCEA pour l'artisanat, FIF-PL pour les professions libérales) — à condition d'être à jour de cette contribution. Le taux varie selon le statut : en micro-entreprise il s'exprime en pourcentage du chiffre d'affaires déclaré (de l'ordre de 0,1 % à 0,3 % selon l'activité) ; pour un EI ou un gérant majoritaire d'EURL au régime réel, il s'exprime en pourcentage du plafond annuel de la Sécurité sociale. Le président de SASU, assimilé salarié, ne relève pas de ce dispositif CFP des indépendants mais du régime de formation des salariés — un point à vérifier avec votre expert-comptable selon votre cas précis.

Assurance professionnelle

La responsabilité civile professionnelle (obligatoire pour certaines activités réglementées, recommandée pour les autres) et les autres assurances liées à l'activité (protection juridique, prévoyance TNS) sont déductibles au régime réel. En micro-entreprise, comme pour les autres catégories, elles ne le sont pas individuellement : elles sont réputées couvertes par l'abattement forfaitaire.

Sources officielles (consultées le 24/09/2026 ; Légifrance et Bpifrance Création le 24/10/2026)

  • Légifrance — article 50-0 du code général des impôts (micro-BIC : abattements de 71 % et 50 %, option pour le réel)
  • Légifrance — article 102 ter du code général des impôts (micro-BNC : abattement de 34 %, option pour la déclaration contrôlée)
  • Bpifrance Création — régime micro-social : l'option pour un régime réel d'imposition entraîne la perte du micro-social
  • Service-public — frais professionnels : les barèmes kilométriques 2026
  • economie.gouv.fr — tout savoir sur le barème des frais kilométriques
  • impots.gouv.fr — simulateur officiel des frais kilométriques
  • Service-public Entreprendre — bénéfices non commerciaux (BNC) : régime réel d'imposition (déclaration contrôlée)

Questions fréquentes

Un micro-entrepreneur peut-il déduire ses frais réels au lieu de l'abattement forfaitaire ?

Non. Le régime micro-fiscal applique obligatoirement un abattement forfaitaire (34 %, 50 % ou 71 % selon l'activité), quel que soit le montant réellement dépensé — il n'existe pas d'option pour déduire charge par charge en micro-entreprise. Passer au régime réel (EI, EURL, SASU) est la seule façon de déduire ses frais réels.

À partir de combien de frais vaut-il mieux passer au régime réel ?

Bien avant que vos frais atteignent l'abattement, si l'on compte les cotisations et pas seulement l'impôt : opter pour le réel fait sortir de la micro-entreprise, et les cotisations se calculent alors sur le bénéfice. D'après le moteur du site (sans ACRE, une part, barème 2026), pour 50 000 € de chiffre d'affaires, l'EI au réel laisse plus de net dès environ 6 600 € de frais annuels en profession libérale (BNC), 15 100 € en prestations de services BIC et 28 700 € en vente, hors coût de la comptabilité (tableau complet).

Le barème kilométrique est-il le même pour un salarié et un indépendant ?

Oui, c'est le même barème officiel, fixé par arrêté et basé sur la puissance fiscale du véhicule et la distance parcourue. Il est utilisable par un indépendant au régime réel (BIC ou BNC) pour déduire ses frais de véhicule sans avoir à en justifier chaque dépense réelle (carburant, entretien, assurance), à condition de conserver un justificatif du kilométrage parcouru à titre professionnel.

Cette page détaille les grandes catégories de frais déductibles à titre pédagogique. Les seuils, barèmes et taux (barème kilométrique, seuil du petit matériel, taux de CFP) sont fixés par arrêté ou par la loi et peuvent être révisés : vérifiez les valeurs en vigueur sur impots.gouv.fr ou urssaf.fr avant toute décision, et faites-vous accompagner par un expert-comptable pour votre situation précise.