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Mis à jour le 17/09/2026 — barèmes 2026

Cotisations URSSAF micro-entrepreneur 2026 : taux, calcul, ACRE

Le régime micro-social applique un taux forfaitaire sur le chiffre d'affaires encaissé, sans lien avec les dépenses réelles. Voici les taux 2026, la méthode de calcul et les dispositifs d'exonération à connaître.

Les taux 2026 par activité

ActivitéTaux de cotisationsAbattement fiscal
Vente de marchandises12,3 %71 %
Prestations de services (BIC)21,2 %50 %
Professions libérales, régime général (BNC)25,6 %34 %
Professions libérales, Cipav (BNC)23,2 %34 %
Location de meublés de tourisme classés6 %71 %

Source : décret n° 2025-943 du 8 septembre 2025. Le taux BNC régime général a augmenté progressivement depuis juillet 2024 (21,1 % à l'origine) pour financer l'ouverture de droits à la retraite complémentaire.

Comment se calcule votre cotisation

La cotisation se calcule en appliquant le taux de votre activité directement au chiffre d'affaires encaissé sur la période déclarée (mois ou trimestre), sans aucune déduction de charges. Un micro-entrepreneur en prestations de services qui encaisse 3 000 € sur un trimestre paie 3 000 × 21,2 % = 636 € de cotisations, qu'il ait eu 50 € ou 2 000 € de frais professionnels réels sur cette période.

Règle centrale du régime : 0 € de chiffre d'affaires encaissé égale 0 € de cotisations et 0 € d'impôt sur le revenu. La déclaration reste obligatoire même à zéro, sous peine de pénalité.

La contribution à la formation professionnelle (CFP)

S'ajoute au taux de cotisations une contribution formation, calculée séparément sur le même chiffre d'affaires : 0,3 % pour les artisans, 0,1 % pour les commerçants et professions libérales non réglementées, 0,2 % pour les professions libérales réglementées.

L'ACRE : une exonération partielle en début d'activité

Les créateurs éligibles (catégories resserrées depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, l'ACRE n'étant plus automatique) bénéficient d'une exonération partielle des cotisations jusqu'à la fin du 3ᵉ trimestre civil suivant la création. Le décret n° 2026-69 du 6 février 2026 a modifié le taux : pour une micro-entreprise créée à partir du 1ᵉʳ juillet 2026, les cotisations sont réduites de 25 % (elles passent à 75 % du taux habituel), contre 50 % pour une création antérieure, qui conserve ce taux pendant toute sa période d'ACRE. Vérifier son éligibilité.

Ce que financent vos cotisations

Le taux unique affiché sur votre déclaration regroupe plusieurs cotisations que l'Urssaf répartit ensuite entre les organismes de protection sociale. Vous ne les voyez pas séparément, mais elles ouvrent des droits réels :

  • assurance maladie-maternité : remboursement des soins et, sous conditions de revenu et d'ancienneté, indemnités journalières en cas d'arrêt ;
  • retraite de base et retraite complémentaire : c'est le chiffre d'affaires déclaré qui détermine le nombre de trimestres validés dans l'année ;
  • invalidité-décès ;
  • allocations familiales ;
  • CSG et CRDS, prélevées comme sur tout revenu d'activité.

Ce que le taux ne finance pas : l'assurance chômage. Un micro-entrepreneur qui cesse son activité n'a pas droit à l'allocation chômage des salariés au titre de cette activité ; seule l'allocation des travailleurs indépendants (ATI) existe, sous des conditions strictes (notamment une liquidation ou un redressement judiciaire, ou l'arrêt d'une activité devenue non viable, et un niveau minimal de revenus antérieurs) : les critères exacts sont sur francetravail.fr. Si vous quittez un emploi salarié, vos droits au chômage de salarié se regardent à part, sur la page ARE ou ARCE pour créer son entreprise.

Conséquence pratique : un chiffre d'affaires faible cotise peu, mais protège peu. Une année à très faible chiffre d'affaires peut ne valider aucun trimestre de retraite et n'ouvrir que des indemnités journalières réduites, voire aucune.

Trois exemples de calcul, activité par activité

Les montants ci-dessous appliquent simplement les taux du tableau à un chiffre d'affaires trimestriel encaissé, hors ACRE et hors versement libératoire. Ils ne tiennent compte d'aucune dépense : c'est tout le principe du régime.

Profil (un trimestre)CA encaisséCotisationsFormation (CFP)Total à payer
Commerçant, vente de marchandises10 000 €12,3 % = 1 230 €0,1 % = 10 €1 240 €
Artisan, prestations de services BIC6 000 €21,2 % = 1 272 €0,3 % = 18 €1 290 €
Consultant, profession libérale non réglementée (régime général)5 000 €25,6 % = 1 280 €0,1 % = 5 €1 285 €

Deux enseignements. D'abord, à chiffre d'affaires égal, le libéral paie plus du double du commerçant : le taux de la vente est bas parce que le chiffre d'affaires d'un commerçant inclut le prix d'achat des marchandises revendues. Ensuite, ce que vous gardez réellement dépend de vos frais : le consultant qui n'a presque aucune dépense conserve l'essentiel des 3 715 € restants, le commerçant doit encore payer son stock. Pour passer au net après impôt et comparer avec une société, utilisez le comparateur multi-statuts.

Activité mixte : un taux par nature de recette

Si vous vendez des produits et réalisez aussi des prestations (un coiffeur qui revend des soins, un réparateur qui fournit les pièces), chaque part du chiffre d'affaires est déclarée sur sa propre ligne et supporte son propre taux. Il faut donc ventiler vos factures dès l'encaissement, et pas seulement en fin d'année.

Le versement libératoire : payer l'impôt avec les cotisations

Sur option, le micro-entrepreneur peut régler son impôt sur le revenu en même temps que ses cotisations, par un pourcentage de son chiffre d'affaires : 1 % pour la vente de marchandises et la fourniture de logement, 1,7 % pour les autres prestations relevant des BIC, 2,2 % pour les activités libérales (BNC). L'impôt est alors soldé à chaque déclaration, sans surprise l'année suivante.

L'option n'est ouverte que si le revenu fiscal de référence du foyer de l'avant-dernière année reste sous un plafond par part de quotient familial, revalorisé chaque année : vérifiez le montant en vigueur sur la fiche officielle du versement libératoire avant d'opter. La demande se fait avant le 30 septembre pour une application au 1ᵉʳ janvier suivant ou, à la création, dans les délais indiqués sur cette même fiche.

Le versement libératoire n'est pas toujours avantageux : un foyer peu ou pas imposable paierait un impôt qu'il ne devrait pas autrement. Le point est détaillé sur la page fiscalité des indépendants. L'ACRE, elle, ne réduit que la part sociale : la part fiscale reste due en totalité.

Déclarer et payer : ce qu'il faut retenir

Les cotisations se paient au moment de chaque déclaration de chiffre d'affaires, mensuelle ou trimestrielle selon le choix fait à la création, sur le portail autoentrepreneur.urssaf.fr. Il n'y a ni acompte ni régularisation l'année suivante : le montant calculé à l'écran est définitif pour la période. Les dates limites, la marche à suivre et les pénalités de retard sont détaillées sur la page déclarer son chiffre d'affaires.

Seul le chiffre d'affaires encaissé compte : une facture émise en mars mais payée en mai se déclare sur la période de mai. Les débours refacturés à l'identique au client (frais avancés en son nom et pour son compte) peuvent, sous conditions, rester hors du chiffre d'affaires ; les frais simplement refacturés, eux, y entrent.

Questions fréquentes

Quel est le taux de cotisations d'un micro-entrepreneur en 2026 ?

12,3 % pour la vente de marchandises, 21,2 % pour les prestations de services BIC, 25,6 % pour les professions libérales du régime général (BNC) et 23,2 % pour les professions libérales affiliées à la Cipav, auxquels s'ajoute la contribution à la formation professionnelle.

Doit-on payer des cotisations sans chiffre d'affaires ?

Non : 0 € de chiffre d'affaires encaissé donne 0 € de cotisations sociales et 0 € d'impôt au titre du versement libératoire. La déclaration à zéro reste en revanche obligatoire à chaque échéance, sous peine de pénalité.

Le taux de cotisations peut-il changer en cours d'année ?

Oui, les taux sont fixés par décret et peuvent évoluer en cours d'année civile, comme cela a été le cas pour le régime général BNC entre 2024 et 2026. Il est recommandé de vérifier le taux en vigueur au moment de chaque déclaration.

Les cotisations minimales s'appliquent-elles en micro-entreprise ?

Non, les cotisations minimales concernent le régime des travailleurs indépendants "classiques" (EI au réel, EURL). En micro-entreprise, il n'existe pas de cotisation minimale : le montant dû est strictement proportionnel au chiffre d'affaires encaissé, y compris nul.

Peut-on déduire ses cotisations URSSAF en micro-entreprise ?

Non. En micro-entreprise, l'impôt est calculé sur le chiffre d'affaires après un abattement forfaitaire (71 %, 50 % ou 34 % selon l'activité) censé couvrir toutes les charges, cotisations comprises. Aucune dépense réelle ni cotisation ne se déduit en plus. C'est l'une des raisons pour lesquelles un statut au réel devient intéressant quand les frais sont élevés.

Quand paie-t-on ses cotisations de micro-entrepreneur ?

À chaque déclaration de chiffre d'affaires, mensuelle ou trimestrielle selon l'option choisie. Le montant affiché lors de la déclaration est prélevé ou payé en ligne, sans régularisation ultérieure, puisque les cotisations sont calculées directement sur le chiffre d'affaires réellement encaissé.

Estimation et informations à visée générale, taux sourcés au décret n° 2025-943 du 8 septembre 2025 — vérifiez le taux en vigueur au moment de votre déclaration sur autoentrepreneur.urssaf.fr, les barèmes pouvant évoluer en cours d'année.

Sources officielles (consultées le 17/09/2026)