Arrêt maladie : combien touche un indépendant ?
Micro-entrepreneur, entrepreneur individuel au réel, gérant majoritaire d'EURL ou de SARL, profession libérale : l'outil ci-dessous estime vos indemnités journalières maladie à partir de vos revenus des trois dernières années, dit si vous passez le seuil et ce que représente un arrêt de quelques jours ou de quelques semaines. Il traite aussi les trois premières années d'activité, calculées autrement.
Vos indemnités journalières en cas d'arrêt maladie
Le calcul : 1/730 du revenu moyen des trois dernières années
L'indemnité journalière d'un travailleur indépendant est égale à 1/730 de la moyenne de ses revenus cotisés des 3 années civiles qui précèdent l'arrêt (article D. 622-7 du code de la sécurité sociale). Pour un arrêt qui commence en 2026, ce sont 2023, 2024 et 2025. Diviser par 730 revient à verser, par jour, la moitié du revenu journalier moyen : 30 000 € de revenu annuel moyen donnent 41,10 € brut par jour.
| Règle 2026 | Artisan, commerçant, libéral non réglementé | Libéral réglementé (CNAVPL) |
|---|---|---|
| Revenu pris en compte au plus | 48 060 € (1 plafond de la Sécurité sociale) | 144 180 € (3 plafonds) |
| Indemnité maximale | 65,84 € brut par jour | 197,51 € brut par jour |
| Indemnité nulle si revenu moyen inférieur à | 4 582 € (10 % de la moyenne des plafonds 2023-2025) | |
| Délai de carence | 3 jours : versement à partir du 4ᵉ jour | |
| Durée d'indemnisation | Règles du régime général | 87 jours au plus par incapacité |
| Affiliation exigée | 12 mois au moins à la date de l'arrêt | |
Le seuil de 4 582 € agit comme une marche : à 4 581 € de revenu annuel moyen, l'indemnité est de 0 € ; à 4 582 €, elle est de 6,28 € par jour. Si des cotisations d'une ou plusieurs années n'ont pas été entièrement payées, le revenu de ces années est réduit dans la proportion des cotisations payées, sauf si vous respectez un échéancier accordé par l'Urssaf.
Micro-entrepreneur : le chiffre d'affaires après abattement
Pour un micro-entrepreneur, l'Assurance maladie retient comme revenu annuel le chiffre d'affaires diminué de l'abattement forfaitaire de son activité : 34 % en libéral, 50 % en prestations de services commerciales ou artisanales, 71 % en vente de marchandises. Le seuil de 4 582 € et le plafond de 48 060 € se traduisent donc par des chiffres d'affaires très différents selon l'activité.
| Activité en micro-entreprise | CA annuel moyen pour toucher une indemnité | CA annuel moyen pour l'indemnité maximale |
|---|---|---|
| Profession libérale (BNC, 34 %) | 6 943 € | 72 819 € (sous le plafond micro de 83 600 €) |
| Services commerciaux ou artisanaux (BIC, 50 %) | 9 164 € | 96 120 € : inaccessible en micro (plafond de 83 600 €) |
| Vente de marchandises, hébergement (71 %) | 15 800 € | 165 725 € (sous le plafond micro de 203 100 €) |
Exemple : une consultante en micro-entreprise libérale qui a encaissé 30 000 € par an en moyenne a un revenu retenu de 19 800 €. Elle touche 27,12 € brut par jour, soit 25,30 € net. Pour un arrêt de 15 jours, 12 jours sont indemnisés : 325,44 € brut. Un artisan en micro qui a encaissé 20 000 € par an touche 13,70 € brut par jour. Les mêmes seuils servent aux congés liés à une naissance : le calculateur des congés de naissance, maternité et paternité les applique à chaque congé.
Au réel : le revenu retenu pour vos cotisations
En EI au réel ou comme gérant majoritaire d'EURL ou de SARL, le revenu pris en compte est celui qui a servi au calcul de vos cotisations d'assurance maladie, dans la limite d'un plafond de la Sécurité sociale. Depuis les revenus de 2025, ces cotisations sont calculées sur le revenu professionnel diminué d'un abattement forfaitaire de 26 % (réforme de l'assiette). Le code de la sécurité sociale renvoie aux « revenus pris en compte pour le calcul des cotisations d'assurance maladie », sans dire en toutes lettres comment l'Assurance maladie traite les années d'avant et d'après la réforme : l'outil vous demande donc les montants de vos documents Urssaf et ne recalcule rien. En cas de doute sur une année, votre CPAM peut vous dire le revenu qu'elle a retenu.
Au réel, l'indemnité maximale de 65,84 € par jour est atteinte à partir de 48 060 € de revenu retenu en moyenne ; pour une profession libérale réglementée, 197,51 € à partir de 144 180 €.
Les trois premières années d'activité
Deux règles s'ajoutent quand l'activité est récente. D'abord, il faut 12 mois d'affiliation au moment de l'arrêt (article D. 622-1) : un arrêt pendant la première année n'est pas indemnisé au titre de l'activité indépendante, sauf maintien des droits d'une activité précédente, salariée par exemple, à vérifier avec votre CPAM. Ensuite, pendant les trois premières années civiles d'affiliation, l'indemnité se calcule sur le revenu cotisé depuis le début de l'activité, rapporté à 365 jours (article D. 622-7, II) : 25 000 € de chiffre d'affaires en micro libéral sur 500 jours d'activité donnent un revenu retenu de 12 045 € par an (25 000 × 66 % × 365 ÷ 500) et une indemnité de 16,50 € brut par jour.
Pour ces premières années, l'outil compare le revenu annualisé au seuil de 4 582 € ; le code calcule ce seuil sur la moyenne des plafonds des années retenues, ce qui peut le faire varier de quelques dizaines d'euros.
Profession libérale réglementée : 3 plafonds, 87 jours
Depuis le 1ᵉʳ juillet 2021, les professions libérales réglementées affiliées à une section de la CNAVPL (Cipav, CAVEC…) touchent elles aussi des indemnités journalières de l'Assurance maladie, avec deux différences : le revenu est retenu jusqu'à trois plafonds de la Sécurité sociale (indemnité maximale de 197,51 € brut par jour en 2026) et l'indemnisation dure 87 jours au plus pour une même incapacité (article D. 622-12). Au-delà, renseignez-vous auprès de votre caisse de retraite sur ce que prévoit son régime d'invalidité-décès. Les libéraux non réglementés (consultant, formateur, développeur…) relèvent, eux, des règles des artisans et commerçants.
Carence, versement, imposition
- Carence de 3 jours au début de chaque arrêt. Pas de carence pour une prolongation après une reprise de 48 heures au plus, pour une affection de longue durée (carence retenue seulement au premier arrêt, sur 3 ans) ou pour un arrêt après une fausse couche.
- Conditions : arrêt prescrit par votre médecin et arrêt effectif de l'activité. Continuer à facturer pendant l'arrêt n'est pas compatible avec les indemnités.
- Démarche : 48 heures pour transmettre l'avis d'arrêt à votre CPAM (souvent télétransmis par le médecin). Un arrêt prescrit en téléconsultation est limité à 3 jours, sauf par votre médecin traitant.
- Versement par la CPAM, tous les 14 jours en moyenne.
- Net : CSG de 6,2 % et CRDS de 0,5 % sont prélevées, soit 93,3 % du brut. Les indemnités sont imposables, sauf celles versées pour une affection de longue durée exonérante, avec prélèvement à la source.
- Pendant l'arrêt, un micro-entrepreneur sans recette déclare 0 € à l'Urssaf.
Ce que l'outil ne calcule pas
L'indemnité journalière ne remplace qu'une partie du revenu : la moitié du revenu journalier moyen retenu, moins la carence, et rien sous le seuil. L'outil n'évalue pas un besoin de couverture complémentaire et ne recommande aucun contrat ; ces questions dépendent de vos charges et de votre épargne. Pour la retraite, les cotisations et la protection sociale de chaque statut, voir la comparaison des statuts et les trimestres de retraite en micro-entreprise. Un dirigeant de SASU, assimilé salarié, relève du régime des salariés.
Et en 2027 ?
Le plafond de la Sécurité sociale passe à 48 900 € au 1ᵉʳ janvier 2027 (montant annoncé, voir les chiffres en vigueur) : l'indemnité maximale serait alors d'environ 66,99 € par jour, et le seuil, calculé sur la moyenne des plafonds 2024 à 2026, d'environ 4 718 €. Les montants de cette page seront mis à jour dès la publication officielle.
Sources officielles (consultées le 01/11/2026)
- Légifrance — code de la sécurité sociale, articles D. 622-1 à D. 622-12 : 12 mois d'affiliation, 1/730 du revenu moyen des 3 années, plafond d'un ou trois plafonds de la Sécurité sociale, cotisations impayées, trois premières années, seuil de 10 %, 4ᵉ jour et 87 jours pour les professions libérales réglementées
- ameli.fr — arrêt de travail pour maladie, indemnités journalières de l'artisan et du commerçant (19/10/2026) : chiffre d'affaires après abattement pour les micro-entrepreneurs, 65,84 €, 4 582 €, carence et exceptions, CSG et CRDS, imposition, 48 heures
- ameli.fr — indemnités journalières du professionnel libéral (01/09/2026) : 3 plafonds, 197,51 €, carence de 3 jours
- urssaf.fr — réforme de l'assiette sociale : revenu diminué d'un abattement de 26 % depuis les revenus 2025
Questions fréquentes
Un auto-entrepreneur a-t-il droit aux indemnités journalières en arrêt maladie ?
Oui, s'il est affilié depuis au moins 12 mois et arrête son activité. Il touche, à partir du 4ᵉ jour, 1/730 de son chiffre d'affaires annuel moyen des 3 dernières années après abattement, au plus 65,84 € brut par jour en 2026. Sous 4 582 € de revenu annuel moyen, il ne touche rien.
Quel chiffre d'affaires faut-il en micro-entreprise pour toucher des indemnités journalières ?
Pour un arrêt qui commence en 2026, un chiffre d'affaires annuel moyen d'au moins 6 943 € en profession libérale, 9 164 € en prestations de services commerciales ou artisanales et 15 800 € en vente de marchandises.
Combien touche au maximum un indépendant en arrêt maladie ?
65,84 € brut par jour en 2026, soit 61,43 € net, pour un artisan, un commerçant ou un libéral non réglementé dont le revenu annuel moyen atteint 48 060 €. Une profession libérale réglementée peut toucher jusqu'à 197,51 € brut par jour, pendant 87 jours au plus.
Que se passe-t-il pendant la première année d'activité ?
Il faut 12 mois d'affiliation à la date de l'arrêt pour être indemnisé au titre de l'activité indépendante. Ensuite, jusqu'à la fin de la troisième année civile, l'indemnité est calculée sur le revenu cotisé depuis le début de l'activité, ramené à une année de 365 jours.
Les indemnités journalières d'un indépendant sont-elles imposables ?
Oui, sauf pour une affection de longue durée exonérante. La CSG (6,2 %) et la CRDS (0,5 %) sont prélevées sur le montant brut, et l'impôt sur le revenu par prélèvement à la source.