Quel statut choisir ? Le guide interactif
Ce guide ne calcule ni cotisations ni revenu net — il vous oriente à partir de vos priorités (chiffre d'affaires visé, besoin de vous associer, situation vis-à-vis de l'emploi, préférence de protection sociale) vers l'un des cinq statuts couverts par ce site. Une fois orienté, chiffrez votre choix avec le comparateur multi-statuts. Vous êtes encore salarié et hésitez à sauter le pas ? Ce parcours complet reprend toutes les étapes, de la question « est-ce rentable ? » jusqu'aux démarches de création.
Votre situation
Comment le guide raisonne : les 6 critères expliqués
Chaque réponse ajoute ou retire des points à chacun des cinq statuts. Le statut qui totalise le plus de points sort en tête ; si le deuxième le suit à 2 points ou moins, le résultat le signale. Les critères reprennent ceux que listent Bpifrance Création et Service-public : exercer seul ou à plusieurs, niveau de chiffre d'affaires, fiscalité, protection sociale souhaitée, besoins de financement.
1. Le chiffre d'affaires visé
En micro-entreprise, les cotisations sont calculées sur le chiffre d'affaires encaissé : si vous n'encaissez rien, vous ne payez aucune cotisation sociale. Les frais sont couverts par un abattement forfaitaire, pas par vos dépenses réelles. C'est pourquoi un petit chiffre d'affaires pousse vers la micro. Plus le chiffre d'affaires monte, plus vous approchez des plafonds du régime (montants sur la page des chiffres en vigueur) et plus vos frais réels risquent de dépasser l'abattement : l'EI au réel, l'EURL et la SASU gagnent alors des points. Le guide ne fixe pas de seuil de bascule, car il dépend de votre activité et de vos frais : le tableau des seuils de frais réels le chiffre.
2. Simplicité ou optimisation
La micro-entreprise se résume à une déclaration de chiffre d'affaires chaque mois ou chaque trimestre et à un livre des recettes. Une société demande des statuts, une annonce légale, des comptes annuels approuvés puis déposés au greffe. En échange, le régime réel et les sociétés ouvrent des leviers que la micro n'a pas : déduire les charges réelles, choisir l'impôt sur les sociétés, arbitrer entre rémunération et dividendes en SASU (simulateur dédié). Répondre « optimiser » revient à accepter une comptabilité complète pour accéder à ces leviers.
3. S'associer ou lever des fonds
Une entreprise individuelle n'a pas d'associé : pour exercer à plusieurs, il faut une société. L'EURL et la SASU ont un associé unique et deviennent une SARL ou une SAS quand un deuxième associé entre au capital. Le guide privilégie la SASU dès que l'association ou une levée de fonds est envisagée, parce que les associés d'une SAS fixent librement dans les statuts les règles d'organisation de la société. Le portage salarial reste un contrat individuel : il recule fortement si vous avez des associés en tête.
4. Votre situation vis-à-vis de l'emploi
Si vous gardez un CDI, la micro-entreprise prend l'avantage : elle se crée et se ferme simplement, et ne coûte rien les mois sans chiffre d'affaires. Votre contrat de travail compte autant que le statut (clause d'exclusivité, obligation de loyauté envers votre employeur) : ce que change le cumul, impôt compris. Si vous sortez du chômage, le guide reste presque neutre entre les statuts, avec un léger avantage au portage, seul statut où vous restez salarié et cotisez à l'assurance chômage. Le choix entre maintien de l'ARE et ARCE se fait à part : le simulateur ARE ou ARCE compare les deux.
5. Protection sociale et retraite
Le micro-entrepreneur, l'entrepreneur individuel au réel et le gérant associé unique d'EURL sont travailleurs non salariés (TNS), à la sécurité sociale des indépendants. Le président de SASU rémunéré est assimilé salarié, au régime général : cotisations plus élevées, retraite du régime général et complémentaire des cadres, mais pas d'assurance chômage pour son mandat. Le salarié porté, lui, relève du salariat classique. Répondre « assimilé salarié » pousse donc vers la SASU et le portage ; « TNS », vers les trois autres. Pour la retraite en micro-entreprise, le calcul des trimestres validés montre ce que donne un chiffre d'affaires donné.
6. Les seuils de TVA et de la micro-entreprise
Cette question réunit deux seuils qu'il ne faut pas confondre. La franchise en base de TVA s'applique à toutes les entreprises, quel que soit leur statut ; la dépasser oblige à facturer la TVA, pas à quitter la micro-entreprise (seuils et date de bascule). Le plafond de la micro-entreprise, lui, fait sortir du régime quand il est dépassé deux années civiles consécutives. Les deux annoncent plus de démarches : si vous pensez les franchir vite, la micro perd des points au profit des régimes qui y sont préparés.
Ce que le résultat ne dit pas
- Combien il vous restera. Le guide ne calcule aucun montant : le comparateur multi-statuts chiffre le net des cinq statuts pour votre chiffre d'affaires, avec ou sans ACRE.
- Votre activité exacte. Commerce, artisanat, profession libérale : les taux de cotisation, les abattements et parfois les formes juridiques possibles changent. Certaines professions libérales réglementées ont leurs propres règles d'exercice.
- Vos frais réels. Matériel, véhicule, local : leur montant peut renverser le classement (frais déductibles selon le statut).
- Votre foyer fiscal. Le nombre de parts et les autres revenus du foyer ne sont pas pris en compte.
- Le coût de la structure. Une entreprise individuelle se crée plus vite et pour moins cher qu'une société (pas de statuts, pas de capital, pas d'annonce légale) ; une société ajoute en général des honoraires de comptabilité.
- Un choix définitif. Il ne l'est pas : la forme juridique peut changer en cours de route (fermer ou changer de statut).
Après le résultat : dans quel ordre avancer
- Chiffrez le statut proposé et le deuxième s'il est proche : comparateur multi-statuts, ou simulateur TJM si vous raisonnez en tarif journalier, ou calculateur du net visé si vous partez du revenu souhaité.
- Lisez ce que le statut implique au-delà du montant (responsabilité, chômage, retraite, comptabilité) : EI, EURL, SASU, portage : les différences. Tous les outils et guides sont regroupés sur la page « Choisir son statut ».
- Vérifiez les aides de démarrage : l'ACRE et, si vous êtes indemnisé, ARE ou ARCE.
- Pour une micro-entreprise, suivez la checklist de création ; pour une société, faites relire le projet par un expert-comptable avant de rédiger les statuts.
Sources officielles (consultées le 26/10/2026)
- Service-public Entreprendre — création d'entreprise : choisir la forme juridique (associés, responsabilité, gestion, coûts, régime social, imposition ; vérifié le 10/04/2026)
- Service-public Entreprendre — franchise en base de TVA, applicable à toutes les entreprises (vérifié le 01/01/2026)
- Service-public Entreprendre — trouver le bon statut juridique pour son projet d'entreprise (outil officiel)
- Bpifrance Création — structures juridiques : comparaison rapide EI, EURL, SASU, SARL, SAS
- mon-entreprise.urssaf.fr — comparateur officiel des régimes sociaux (Urssaf)
Questions fréquentes
Ce guide calcule-t-il mes cotisations ou mon revenu net ?
Non. Ce guide oriente vers un statut à partir de vos priorités, mais ne calcule aucun montant. Une fois orienté, utilisez le comparateur multi-statuts ou le simulateur TJM pour chiffrer précisément votre situation.
Le résultat est-il fiable à 100 % ?
C'est une orientation, pas une décision. Deux statuts peuvent obtenir un score proche selon vos réponses — dans ce cas, le guide vous le signale. Le choix définitif doit toujours être confirmé par un chiffrage et, idéalement, l'avis d'un expert-comptable.
Pourquoi le guide me propose-t-il le portage salarial alors que je veux créer mon entreprise ?
Parce que vos réponses donnent du poids à ce que seul le portage apporte parmi les cinq statuts : rester salarié et cotiser à l'assurance chômage, sans créer de structure. En contrepartie, des frais de gestion réduisent le montant reversé. Si vous tenez à créer votre entreprise, regardez le deuxième statut du résultat et comparez les deux chiffrés.
Puis-je changer de statut plus tard ?
Oui. Une micro-entreprise peut passer au régime réel ou laisser place à une société, et une société peut changer de forme. Chaque changement a un coût et des démarches : fermer ou changer de statut les détaille.