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Fiscalité de l'indépendant

TVA, impôt sur les sociétés, flat tax sur les dividendes : comparez la charge fiscale réelle selon votre statut et optimisez la répartition rémunération/dividendes si vous êtes en SASU.

Comment choisir ?

Si vous hésitez encore entre plusieurs statuts, le comparateur TVA/impôts/matériel chiffre l'écart réel. Le guide franchise en base de TVA est à consulter dès que votre chiffre d'affaires approche les seuils. Une fois en SASU, le simulateur rémunération/dividendes permet d'arbitrer la répartition la plus avantageuse. Pour aller au-delà de la réponse générale « frais réels vs abattement forfaitaire », le détail par catégorie de frais couvre le véhicule, le matériel, le local et la formation.

Par où commencer selon votre situation

Deux questions distinctes se posent : la TVA, qui dépend du chiffre d'affaires et de l'activité, et l'imposition du bénéfice, qui dépend du régime fiscal.

  • Micro-entrepreneur : votre impôt porte sur le chiffre d'affaires après abattement forfaitaire, ajouté aux autres revenus du foyer (le versement libératoire reste une option sous condition de revenu). Surveillez d'abord les seuils de TVA.
  • EI au réel ou EURL à l'IR : vous êtes imposé sur le bénéfice réel, sans abattement supplémentaire. Voyez ce que vous pouvez déduire et les formulaires annuels.
  • SASU ou EURL à l'IS : la société paie l'IS, puis vous êtes imposé sur ce que vous retirez, rémunération ou dividendes ; le simulateur dédié aide à arbitrer.
  • Portage salarial : votre déclaration est celle d'un salarié ; contrôlez simplement les montants pré-remplis.

Quatre notions à comprendre avant de chiffrer

1. L'abattement forfaitaire

En micro-entreprise, une part fixe du chiffre d'affaires est réputée couvrir vos frais : 71 % en vente et hébergement, 50 % en prestations BIC, 34 % en BNC. Sur 40 000 € encaissés en prestations BIC, 20 000 € sont imposables, que vos dépenses réelles soient de 3 000 € ou de 25 000 €. Dans le second cas, le régime réel mérite d'être étudié.

2. Tranche marginale et taux moyen

Le barème 2026 (revenus 2025) est progressif : pour une part fiscale, 0 % jusqu'à 11 600 €, 11 % jusqu'à 29 580 €, 30 % jusqu'à 84 578 €. Un libéral en micro qui encaisse 60 000 € HT retient 39 600 € après abattement : son impôt atteint environ 4 984 €, soit un taux moyen proche de 12,6 %, loin de sa tranche à 30 % (calcul indicatif, sans autre revenu ni réduction d'impôt).

3. Les deux taux de l'IS

Le bénéfice d'une SASU, ou d'une EURL ayant opté pour l'IS, est taxé à 15 % jusqu'à 42 500 € (sous conditions, notamment un chiffre d'affaires n'excédant pas 10 millions d'euros), puis à 25 %. Pour 60 000 € de bénéfice : 6 375 € + 4 375 €, soit 10 750 € d'IS.

4. La flat tax sur les dividendes

Depuis 2026, les dividendes supportent en règle générale 31,4 % (12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux) : 10 000 € distribués laissent 6 860 €, sans ouvrir de droits à la retraite. En EURL, la part versée au gérant majoritaire au-delà de 10 % du total capital social, primes d'émission et compte courant d'associé subit aussi les cotisations sociales.

Les seuils à surveiller en 2026

SeuilMontantEffet
Franchise de TVA — services37 500 € / 41 250 €TVA due dès le dépassement du seuil majoré, ou au 1ᵉʳ janvier suivant si seul le seuil de base est franchi
Franchise de TVA — vente, hébergement85 000 € / 93 500 €Même mécanisme
Plafond micro — services, BNC83 600 €Sortie du régime micro après deux années de dépassement (plafond 2026-2028)
Plafond micro — vente, hébergement203 100 €Même mécanisme
Taux réduit d'IS42 500 €25 % au lieu de 15 % au-delà

Erreurs fréquentes

  • Confondre plafond micro et seuil de TVA : un prestataire à 50 000 € reste micro-entrepreneur, mais facture la TVA.
  • Croire qu'une société dispense de TVA : les seuils sont les mêmes pour tous les statuts.
  • Appliquer sa tranche marginale à tout son revenu.
  • Ajouter l'abattement de 10 % aux frais réels d'une EI au réel : il est réservé aux revenus salariaux et aux gérants de sociétés à l'IS.

Questions fréquentes

À partir de quel chiffre d'affaires dois-je facturer la TVA en micro-entreprise ?

37 500 € (seuil de base) et 41 250 € (seuil majoré, en cours d'année) pour les prestations de services ; 85 000 € et 93 500 € pour la vente de marchandises. Dépasser le seuil majoré entraîne l'assujettissement immédiat ; dépasser seulement le seuil de base fait perdre la franchise l'année suivante.

Quels frais professionnels sont déductibles en EURL ou SASU mais pas en micro-entreprise ?

En EURL et SASU, les frais réels (matériel, déplacements, local, charges sociales) sont déductibles du résultat. En micro-entreprise, ils ne le sont pas : seul un abattement forfaitaire (34 %, 50 % ou 71 % selon l'activité) est appliqué, sans lien avec les dépenses réelles.