Combien gagne un artisan du bâtiment indépendant ?
Maçonnerie, électricité, plomberie, chauffage, couverture, peinture, menuiserie pose : le secteur de la construction rassemble l'un des plus gros bataillons de non-salariés en France, avec une part de micro-entrepreneurs plus mesurée que dans les services — beaucoup d'artisans du bâtiment restent en entreprise individuelle « classique » plutôt qu'en micro-entreprise.
Le revenu mensuel moyen, secteur Construction
À titre de comparaison, tous secteurs confondus en 2024 : 4 150 €/mois en moyenne pour les non-salariés classiques (+0,7 % sur un an en euros constants), 680 €/mois pour les micro-entrepreneurs (revenu médian : 330 €/mois, la moitié des micro-entrepreneurs gagnent moins). Le secteur de la construction se situe donc nettement sous la moyenne nationale des non-salariés classiques, avec une part de micro-entrepreneurs elle aussi inférieure à la moyenne (45,7 % contre une majorité de micro-entrepreneurs dans la plupart des autres secteurs de services).
Le détail, non-salariés classiques et micro-entrepreneurs
| Catégorie | Effectifs | Revenu mensuel moyen | Revenu annuel moyen (×12) |
|---|---|---|---|
| Non-salariés classiques (2022) | ≈ 235 000 | 2 940 € | 35 280 € |
| Micro-entrepreneurs (2022) | ≈ 198 000 | 920 € | 11 040 € |
| Effectif total du secteur (2022) | 433 000 | — | — |
Que recouvre exactement ce chiffre ?
Ce secteur (section F de la nomenclature Insee, « Construction ») regroupe le gros œuvre (maçonnerie, charpente, couverture) et le second œuvre (électricité, plomberie, chauffage, peinture, plâtrerie, menuiserie de pose) exercés de façon indépendante. Il ne couvre pas les autres métiers souvent qualifiés d'« artisanat » — boulanger, boucher, coiffeur, artisan d'art — qui relèvent d'autres secteurs Insee (Industrie manufacturière, Commerce, Autres activités de services) que cette page ne détaille pas.
Autre limite, plus importante que sur les autres fiches métier du site : l'analyse Insee dédiée au secteur de la construction (Insee Références, édition 2025) s'arrête à l'année 2022, quand les chiffres nationaux tous secteurs confondus (Insee Première n°2114) vont jusqu'à 2024. Ce décalage de deux ans, plus marqué que sur les autres fiches métier de ce site (où seule la ventilation micro-entrepreneurs accuse un an de retard), tient au rythme de publication propre à cette analyse sectorielle détaillée — l'Insee ne l'a pas encore mise à jour à une année plus récente à la date de rédaction. Une lecture plus récente du panorama général des non-salariés (source secondaire, voir ci-dessous) situe la part de micro-entrepreneurs dans la construction autour de 49 %, un ordre de grandeur cohérent avec le chiffre 2022 ci-dessus mais qui ne remplace pas une donnée officielle de revenu plus récente.
Artisan du bâtiment : régime micro, matériaux et TVA
Les travaux du bâtiment sont des prestations artisanales : en micro-entreprise, la main-d'œuvre relève des BIC prestations de services, avec 21,2 % de cotisations en 2026, un abattement de 50 % pour l'impôt et un plafond de 83 600 € de chiffre d'affaires. Lorsque l'artisan fournit et facture les matériaux, une partie de l'activité peut, sous conditions, relever de la catégorie vente (12,3 % de cotisations, abattement de 71 %, plafond de 203 100 €) : la répartition dépend de la facturation et mérite d'être validée par un expert-comptable. Outillage, véhicule utilitaire, assurances et matériaux restent, en micro-entreprise, à la charge de l'artisan : l'abattement ne joue que sur l'impôt.
Exemple chiffré (hypothèse d'illustration) : un électricien facture 50 000 € de main-d'œuvre sur l'année. Cotisations : 50 000 × 21,2 % = 10 600 €. Revenu imposable : 50 000 × 50 % = 25 000 €, soit environ 1 244 € d'impôt au barème 2026 après décote (une part, ce seul revenu). Il reste environ 38 156 € avant ses frais réels, hors contribution à la formation professionnelle (0,3 % du chiffre d'affaires pour les artisans). Le seuil majoré de la franchise en base de TVA des prestations de services (41 250 €) étant dépassé, la TVA est due dès le dépassement. Pour tester vos propres montants, utilisez le comparateur multi-statuts ; le simulateur TJM freelance sert si vous raisonnez en tarif journalier.
Sources officielles
- Insee — Construction : emploi et revenus des indépendants (Insee Références, édition 2025)
- Insee Première n°2114 — Les revenus d'activité des non-salariés en 2024 (chiffres nationaux de comparaison)
- André Letowski — Le nombre et les revenus des non-salariés en 2024 (lecture secondaire, ordre de grandeur de la part de micro-entrepreneurs dans la construction)
Bâtiment et autres secteurs : les revenus comparés
Les autres professions suivies sur ce site, chacune avec ses propres données Insee :
Questions fréquentes
Ce chiffre concerne-t-il tous les artisans, ou seulement le bâtiment ?
Seulement le bâtiment et les travaux publics : l'Insee publie ce chiffre pour le secteur « Construction » (section F de la nomenclature), qui couvre le gros œuvre et le second œuvre — maçonnerie, électricité, plomberie, chauffage, couverture, peinture, plâtrerie, menuiserie pose. Les autres artisans (métiers de bouche comme boulanger ou boucher, artisanat d'art, réparation) relèvent d'autres secteurs Insee (Industrie manufacturière, Commerce...) que cette page ne couvre pas.
Pourquoi les chiffres de ce secteur datent-ils de 2022, alors que d'autres fiches du site utilisent 2024 ?
Parce que l'Insee ne publie pas les deux analyses au même rythme. Les chiffres nationaux tous secteurs confondus (Insee Première n°2114) vont jusqu'à 2024, mais l'analyse détaillée propre au secteur de la construction (publiée dans Insee Références, édition 2025) s'arrête à l'année 2022, dernière disponible à ce niveau de détail à la date de rédaction. Plutôt que de mélanger des données d'années différentes sans le signaler, cette page indique clairement l'année réelle de chaque chiffre.