Combien gagne un chauffeur VTC indépendant ?
Transport de personnes via une plateforme (Uber, Bolt, Heetch) ou une clientèle propre : le secteur des taxis et VTC est l'un des rares secteurs de service où la majorité des non-salariés restent hors micro-entreprise, un choix que l'Insee n'explique pas, mais que le poids des frais de véhicule, non déductibles en micro-entreprise, peut en partie éclairer — avec, à la clé, l'un des revenus moyens les plus bas de toutes les fiches métier de ce site.
Le revenu mensuel moyen, secteur Taxis et VTC
Repères nationaux 2024, tous secteurs : 4 150 €/mois en moyenne pour les non-salariés classiques (+0,7 % en un an en euros constants), 680 €/mois pour les micro-entrepreneurs, dont la moitié gagne moins de 330 €/mois. Taxis et VTC se situent nettement en dessous de ces deux moyennes, et la part de micro-entrepreneurs (34,4 %) y est la plus basse des fiches métier du site, sous celle de l'architecture et de l'ingénierie (41,3 %).
Taxis et VTC : effectifs et revenus détaillés
| Catégorie | Effectifs | Revenu mensuel moyen | Revenu annuel moyen (×12) |
|---|---|---|---|
| Non-salariés classiques (2024) | 37 000 | 1 540 € | 18 480 € |
| Micro-entrepreneurs (2023) | n.d. | 690 € | 8 280 € |
| Effectif total du secteur (2023, classique + ME) | n.d. | — | — |
Taxi, VTC, livreurs : qui entre dans ce chiffre ?
Ce secteur (sous-classe 49.32Z de la nomenclature Insee, au sein de la section « Transports et entreposage ») regroupe indifféremment les chauffeurs de taxi et les chauffeurs VTC — deux activités aux revenus pourtant assez différents dans la pratique (voir la question dédiée en fin de page), que l'Insee ne distingue pas dans cette publication de référence. Il ne couvre pas non plus les livreurs (Uber Eats, Deliveroo, Stuart...), qui relèvent d'un secteur Insee distinct (transport de marchandises), non isolé de la même façon dans les publications utilisées ici.
Enfin, les deux revenus moyens ne portent pas sur la même année : 2023 pour les micro-entrepreneurs, seule année disponible par secteur à la date de rédaction, 2024 pour les chauffeurs installés hors micro-entreprise.
Véhicule, plateforme, TVA : du prix de la course au revenu du chauffeur
Le chauffeur VTC exerce une activité réglementée : la carte professionnelle VTC et l'inscription au registre des exploitants de VTC sont obligatoires pour exercer. Sur le plan fiscal, le transport de personnes relève des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) : en micro-entreprise, les cotisations sont de 21,2 % du chiffre d'affaires en 2026, l'abattement pour l'impôt est de 50 % et le plafond de chiffre d'affaires de 83 600 €.
Pour les chauffeurs au réel, l'Insee mesure un revenu après charges ; en micro-entreprise, le chiffre d'affaires doit encore couvrir des frais très lourds : achat ou location du véhicule, carburant ou recharge, assurance, entretien, nettoyage, téléphone, et la commission prélevée par la plateforme sur chaque course. Selon la manière dont la plateforme facture la course, cette commission peut être incluse ou non dans le chiffre d'affaires à déclarer : faites vérifier ce point, car il change directement le montant des cotisations. En micro-entreprise, aucun de ces frais n'est déductible.
Exemple chiffré (hypothèse d'illustration) : 40 000 € de chiffre d'affaires déclaré sur l'année en micro-entreprise. Cotisations : 40 000 × 21,2 % = 8 480 €. Revenu imposable : 40 000 × 50 % = 20 000 €, soit environ 445 € d'impôt au barème 2026 après décote (une part, ce seul revenu). Reste environ 31 075 €, hors contribution à la formation professionnelle, mais avant de payer le véhicule, le carburant et l'assurance. Si ces frais atteignent par exemple 15 000 € dans l'année, le revenu réellement disponible tombe à environ 16 075 €, alors que l'impôt reste calculé sur 20 000 €, quel que soit le montant réel des frais.
Ces 40 000 € se situent entre le seuil de base de la franchise en base de TVA des prestations de services (37 500 €) et son seuil majoré (41 250 €) : pas de TVA à facturer dans l'immédiat, mais la franchise est perdue au 1er janvier de l'année suivante. Voir le fonctionnement des seuils et les frais de véhicule déductibles selon le statut ; pour comparer micro-entreprise, EI au réel et société, utilisez le comparateur multi-statuts.
Sources officielles
- Insee Première n°2114 — Les revenus d'activité des non-salariés en 2024
- Insee Première n°2060 — Les revenus d'activité des non-salariés en 2023
- Insee — Revenus d'activité des non-salariés par activité (tableau détaillé par secteur)
- Insee — En 2016, les revenus d'activité non salariée des chauffeurs de VTC sont nettement inférieurs à ceux des taxis (lecture complémentaire, écart taxi/VTC)
Transport et autres activités : les fiches revenus
Pour comparer avec des métiers aux frais moins lourds, voici les autres secteurs suivis :
Questions fréquentes
Ce chiffre regroupe-t-il les chauffeurs de taxi et les chauffeurs VTC de la même façon ?
Oui, et c'est une vraie limite à connaître : l'Insee publie un chiffre unique pour la classe « Taxis et VTC » de sa nomenclature, sans distinguer les chauffeurs de taxi (licence historique, souvent achetée ou héritée) des chauffeurs VTC (carte professionnelle, généralement via une plateforme comme Uber, Bolt ou Heetch) — alors que leurs revenus diffèrent sensiblement dans la pratique. Une étude Insee plus ancienne (2016) notait déjà des revenus VTC nettement inférieurs à ceux des taxis, un écart qui n'est pas republié à ce niveau de détail dans les statistiques les plus récentes. Le chiffre de cette page est donc une moyenne des deux activités, pas un chiffre propre au seul VTC.
Cette page couvre-t-elle aussi les livreurs (Uber Eats, Deliveroo...) ?
Non. Les livreurs à vélo, scooter ou voiture relèvent d'un autre secteur de la nomenclature Insee (transport de marchandises / messagerie), pas de la classe « Taxis et VTC » qui ne couvre que le transport de personnes. Ce secteur n'est pas isolé de la même façon dans les publications de référence utilisées sur cette page — elle ne couvre donc pas les revenus de la livraison indépendante.
Un chauffeur VTC en micro-entreprise peut-il déduire les frais de son véhicule ?
Non. En micro-entreprise, l'achat ou la location du véhicule, le carburant, l'assurance et l'entretien ne sont pas déductibles : l'abattement forfaitaire de 50 % est réputé couvrir tous les frais pour le calcul de l'impôt, et les cotisations (21,2 %) portent sur la totalité du chiffre d'affaires. Au régime réel (EI au réel, EURL, SASU), ces dépenses réduisent le résultat, selon les règles propres à chaque statut (frais réels ou barème kilométrique).