Combien gagne un ingénieur ou un architecte indépendant ?
Architecture et ingénierie sont regroupées dans une même division statistique par l'Insee : deux professions aux régimes parfois réglementés (ordre des architectes, assurance décennale), avec un point commun qui les distingue de la plupart des autres fiches métier du site : la part de micro-entrepreneurs y est l'une des plus faibles (41,3 %), seul le secteur des taxis et VTC descendant plus bas.
Le revenu mensuel moyen, secteur Architecture, ingénierie
Point de repère national, tous secteurs, 2024 : 4 150 €/mois en moyenne pour un non-salarié classique (+0,7 % en un an en euros constants), 680 €/mois pour un micro-entrepreneur, dont la moitié gagne moins de 330 €/mois. L'architecture et l'ingénierie se situent légèrement sous la moyenne des non-salariés classiques (4 070 €) et nettement au-dessus pour les micro-entrepreneurs (1 160 €, donnée 2023).
Architecture et ingénierie : revenus et effectifs
| Catégorie | Effectifs | Revenu mensuel moyen | Revenu annuel moyen (×12) |
|---|---|---|---|
| Non-salariés classiques (2024) | 48 000 | 4 070 € | 48 840 € |
| Non-salariés classiques (2023) | n.d. | 4 040 € | 48 480 € |
| Micro-entrepreneurs (2023) | n.d. | 1 160 € | 13 920 € |
| Effectif total du secteur (2023, classique + ME) | 80 000 | — | — |
Les évolutions sur un an sont publiées par l'Insee en euros constants, c'est-à-dire corrigées de l'inflation (2,0 % en 2024), alors que les revenus mensuels sont exprimés en euros courants et que les montants 2023 proviennent de la publication de l'année précédente, parfois révisée depuis. L'écart entre les deux lignes du tableau ne correspond donc pas exactement au pourcentage affiché.
Architectes et ingénieurs-conseils : un seul chiffre pour deux métiers
Ce secteur (division 71 de la nomenclature Insee) regroupe à la fois les architectes et les ingénieurs-conseils (bureaux d'études techniques, contrôle et analyses techniques) : l'Insee ne publie pas de revenu séparé pour chacune de ces deux professions à ce niveau de détail, seulement pour la division dans son ensemble.
Les deux moyennes ne portent pas sur la même année : 2024 pour les indépendants hors micro-entreprise, 2023 pour les micro-entrepreneurs, faute de ventilation sectorielle plus récente publiée par l'Insee à la date de rédaction.
Cipav, assurances, TVA : ce qui pèse sur le revenu d'un architecte ou d'un ingénieur-conseil
Particularité sociale de ce secteur : les architectes, les maîtres d'œuvre, les économistes de la construction, les géomètres experts et les ingénieurs-conseils font partie des professions libérales encore rattachées à la Cipav. En micro-entreprise, leur taux de cotisations est donc celui des professions libérales affiliées à la Cipav, 23,2 % du chiffre d'affaires en 2026, et non le taux du régime général des indépendants. L'activité libérale de conception ou de conseil relève le plus souvent des BNC, avec un abattement de 34 % pour l'impôt et le plafond de 83 600 € commun aux prestations de services.
Les frais réels y sont souvent plus lourds que dans le conseil pur : assurances professionnelles (dont l'assurance décennale lorsqu'elle est exigée), logiciels de conception et de calcul, matériel de mesure ou d'impression, déplacements sur les chantiers. En micro-entreprise, aucun de ces postes n'est déductible : ils sont réputés couverts par l'abattement forfaitaire, qui ne sert qu'au calcul de l'impôt. C'est l'une des raisons qui peuvent orienter vers l'EI au réel ou une société, où chaque dépense justifiée réduit le résultat.
Exemple chiffré (hypothèse d'illustration) : un ingénieur-conseil en micro-entreprise encaisse 45 000 € HT sur l'année. Cotisations au taux Cipav : 45 000 × 23,2 % = 10 440 €. Revenu imposable : 45 000 × 66 % = 29 700 €, soit environ 2 014 € d'impôt au barème 2026 pour une part et ce seul revenu. Il lui reste environ 32 456 €, contribution à la formation professionnelle déduite (0,2 % du chiffre d'affaires, soit 90 €), avant assurances, logiciels et déplacements. Le même chiffre d'affaires soumis au taux du régime général (25,6 %) coûterait 1 080 € de cotisations de plus.
À 45 000 €, le seuil majoré de la franchise en base de TVA des prestations de services (41 250 €) est dépassé : la TVA est due dès la date du dépassement. Le mécanisme est détaillé sur la page franchise en base de TVA ; pour comparer les statuts à partir de vos propres montants, utilisez le comparateur multi-statuts.
Chiffre d'affaires déclaré dans le secteur (Urssaf 2025)
Les revenus ci-dessus viennent de l'Insee. L'Urssaf publie de son côté le chiffre d'affaires réellement déclaré par les auto-entrepreneurs, secteur par secteur. Dans le secteur « Activités comptables, de conseil et d'ingénierie », 52 682 auto-entrepreneurs ont déclaré un chiffre d'affaires au quatrième trimestre 2025, sur 96 779 inscrits (54,4 %). Ils ont déclaré 1 304 millions d'euros en 2025 (+ 5,3 % sur un an), soit en moyenne 6 475 € par trimestre et par auto-entrepreneur actif, contre 4 961 € tous secteurs confondus. Sur l'année, cela représente de l'ordre de 25 900 € pour quelqu'un d'actif les quatre trimestres, soit environ 2 160 € de chiffre d'affaires par mois. Ce secteur est plus large que l'ingénierie : l'Urssaf y regroupe aussi les activités comptables et de conseil.
Ce chiffre d'affaires moyen ne se compare pas directement au revenu mesuré par l'Insee : il porte sur les seuls auto-entrepreneurs, avant cotisations, impôt et frais, et il inclut ceux qui exercent en complément d'une autre activité. Les chiffres par département et pour les autres secteurs sont sur la page auto-entrepreneurs : chiffres 2025 par département et par secteur.
Source : Urssaf, « Auto-entrepreneurs, par département x secteur d'activité », données au 4ᵉ trimestre 2025 (mise à jour du 24/07/2026), licence ODbL ; calculs mesindependants.fr.
Code APE et formalités : ingénieur-conseil et architecte
Le bureau d'études ou l'ingénieur-conseil indépendant relève du code APE 71.12B, « Ingénierie, études techniques » (projets industriels, génie civil, fluides, acoustique, maîtrise d'œuvre), l'architecte du code 71.11Z, « Activités d'architecture ». Le code APE est attribué par l'Insee à des fins statistiques, « sans créer de droits ou d'obligations » (article 5 du décret n° 2007-1888) : il ne fixe ni vos cotisations ni votre régime fiscal, qui découlent de l'activité réellement déclarée au guichet unique. Au 1ᵉʳ janvier 2027, la nouvelle nomenclature (NAF 2025) renumérote ces deux codes sans changer leur contenu : 71.12B devient 71.12Y, « Activités d’ingénierie et de conseil technique connexe », et 71.11Z devient 71.11Y. Le code réellement attribué à votre entreprise se consulte dès maintenant sur sirene.gouv.fr avec votre numéro SIREN (« Code APE 2025 ») ; comme l'ancien, il ne crée ni droit ni obligation et ne change ni vos cotisations ni votre régime fiscal.
Les deux métiers n'obéissent pas aux mêmes règles. L'ingénierie n'est pas réglementée : seul le titre d'« ingénieur diplômé » est protégé (loi du 10 juillet 1934), et rien n'interdit d'exercer le conseil technique sans lui ; l'assurance décennale devient obligatoire dès que les études engagent la solidité d'un ouvrage (code des assurances, article L241-1). L'architecture est une profession réglementée : diplôme d'État d'architecte et habilitation à la maîtrise d'œuvre en son nom propre, inscription au tableau régional de l'Ordre des architectes (loi n° 77-2 du 3 janvier 1977), assurances de responsabilité civile et décennale obligatoires, le tout avant l'immatriculation via le guichet unique. Les honoraires relèvent des BNC et les deux professions cotisent à la Cipav, comme détaillé plus haut.
Sources officielles (liens vérifiés le 19/10/2026)
- Insee Première n°2114 — Les revenus d'activité des non-salariés en 2024
- Insee Première n°2060 — Les revenus d'activité des non-salariés en 2023
- Insee — Revenus d'activité des non-salariés par activité (tableau détaillé par secteur)
- Insee, NAF rév. 2 — sous-classe 71.12B « Ingénierie, études techniques » (consulté le 25/09/2026)
- Insee, NAF rév. 2 — sous-classe 71.11Z « Activités d'architecture » (consulté le 25/09/2026)
- Entreprendre.service-public.gouv.fr, fiche F38232 — architecte : conditions d'accès et d'exercice (consulté le 25/09/2026)
- Bpifrance Création — architecte : diplôme, Ordre, assurances (consulté le 25/09/2026)
- Insee — le code APE, définition et portée (à des fins statistiques) (consulté le 25/09/2026)
- Urssaf, données ouvertes — auto-entrepreneurs par département et secteur d'activité, 4ᵉ trimestre 2025 (consulté le 03/10/2026)
- Insee — table de correspondances NAF rév. 2 → NAF 2025 (janvier 2026) et Entreprendre.service-public, fiche F33050 — nouveau code APE au 1ᵉʳ janvier 2027 (consultés le 28/10/2026)
Ingénierie, conseil, informatique : les fiches voisines
Les autres secteurs suivis sur ce site, présentés avec les mêmes tableaux Insee :
Questions fréquentes
Ce chiffre distingue-t-il les architectes des ingénieurs ?
Non : l'Insee publie un revenu unique pour la division « Architecture, ingénierie », qui regroupe les deux professions ainsi que les bureaux d'études techniques et le contrôle technique, sans détail séparé par profession à ce niveau de granularité dans ses publications de référence sur les revenus des non-salariés.
Pourquoi la part de micro-entrepreneurs est-elle plus faible dans ce secteur (41,3 %) que chez les développeurs (70,5 %) ou les formateurs (80,1 %) ?
L'Insee ne détaille pas les causes de cette différence dans cette publication ; une explication plausible, à prendre comme une hypothèse et non comme un fait confirmé par l'Insee, tient au caractère plus réglementé de ces activités (inscription à l'ordre des architectes, assurance décennale obligatoire, montants de contrats souvent plus élevés) qui pousse davantage vers l'EI au réel, l'EURL ou la SASU que vers la micro-entreprise, comparé à des activités de conseil ou de développement moins encadrées.
Un architecte ou un ingénieur-conseil paie-t-il les mêmes cotisations qu'un consultant en micro-entreprise ?
Non. Ces professions relèvent de la Cipav : en micro-entreprise, leur taux est de 23,2 % du chiffre d'affaires en 2026, contre 25,6 % pour les professions libérales non réglementées rattachées au régime général des indépendants, comme la plupart des consultants et des développeurs. L'abattement retenu pour le calcul de l'impôt est en revanche le même, 34 %. Le rattachement dépend de l'activité exacte déclarée auprès du guichet unique : vérifiez-le au moment de la création.
Quel code APE pour un ingénieur-conseil ou un architecte, et quelles formalités avant de commencer ?
71.12B « Ingénierie, études techniques » pour le bureau d'études, 71.11Z « Activités d'architecture » pour l'architecte ; le code sert à la statistique de l'Insee. L'ingénierie n'est pas réglementée (seul le titre d'ingénieur diplômé est protégé), mais l'assurance décennale s'impose dès que les études engagent la solidité d'un ouvrage. L'architecte doit être diplômé d'État, habilité à la maîtrise d'œuvre, inscrit à l'Ordre des architectes et assuré (responsabilité civile et décennale) avant de s'immatriculer via le guichet unique. Au 1ᵉʳ janvier 2027 (NAF 2025), 71.12B devient 71.12Y et 71.11Z devient 71.11Y.
Combien gagne un ingénieur freelance par mois ?
Un ingénieur freelance ne touche pas un salaire mais un chiffre d'affaires : TJM × jours facturés, dont il faut retirer cotisations et impôt. La moyenne Insee de cette page vaut pour tous les non-salariés du secteur, débutants et temps partiels compris. Pour un cas précis, par exemple 500 € par jour et 160 jours facturés (80 000 € HT dans l'année), le simulateur TJM du site donne, avec les barèmes 2026, sans ACRE, sans frais réels et pour une part fiscale, environ 4 201 € net par mois en micro-entreprise (BNC), 3 875 € en EURL à l'IS (rémunération intégrale), 3 806 € en SASU (répartition rémunération/dividendes optimisée) et 3 117 € en portage salarial. Chaque paramètre déplace ces montants : entrez les vôtres dans le simulateur.