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Mis à jour le 16/09/2026 — données Insee 2024 / 2023

Combien gagne un ingénieur ou un architecte indépendant ?

Architecture et ingénierie sont regroupées dans une même division statistique par l'Insee : deux professions aux régimes parfois réglementés (ordre des architectes, assurance décennale), avec un point commun qui les distingue de la plupart des autres fiches métier du site : la part de micro-entrepreneurs y est l'une des plus faibles (41,3 %), seul le secteur des taxis et VTC descendant plus bas.

Le revenu mensuel moyen, secteur Architecture, ingénierie

4 070 €
non-salariés classiques (hors micro-entreprise), 2024 — -1,0 % vs 2023, en euros constants
1 160 €
micro-entrepreneurs, 2023 (dernière année détaillée par secteur)
41,3 %
de micro-entrepreneurs parmi les non-salariés du secteur, 2023

Point de repère national, tous secteurs, 2024 : 4 150 €/mois en moyenne pour un non-salarié classique (+0,7 % en un an en euros constants), 680 €/mois pour un micro-entrepreneur, dont la moitié gagne moins de 330 €/mois. L'architecture et l'ingénierie se situent légèrement sous la moyenne des non-salariés classiques (4 070 €) et nettement au-dessus pour les micro-entrepreneurs (1 160 €, donnée 2023).

Architecture et ingénierie : revenus et effectifs

CatégorieEffectifsRevenu mensuel moyenRevenu annuel moyen (×12)
Non-salariés classiques (2024)48 0004 070 €48 840 €
Non-salariés classiques (2023)n.d.4 040 €48 480 €
Micro-entrepreneurs (2023)n.d.1 160 €13 920 €
Effectif total du secteur (2023, classique + ME)80 000

Les évolutions sur un an sont publiées par l'Insee en euros constants, c'est-à-dire corrigées de l'inflation (2,0 % en 2024), alors que les revenus mensuels sont exprimés en euros courants et que les montants 2023 proviennent de la publication de l'année précédente, parfois révisée depuis. L'écart entre les deux lignes du tableau ne correspond donc pas exactement au pourcentage affiché.

Architectes et ingénieurs-conseils : un seul chiffre pour deux métiers

Ce secteur (division 71 de la nomenclature Insee) regroupe à la fois les architectes et les ingénieurs-conseils (bureaux d'études techniques, contrôle et analyses techniques) : l'Insee ne publie pas de revenu séparé pour chacune de ces deux professions à ce niveau de détail, seulement pour la division dans son ensemble.

Les deux moyennes ne portent pas sur la même année : 2024 pour les indépendants hors micro-entreprise, 2023 pour les micro-entrepreneurs, faute de ventilation sectorielle plus récente publiée par l'Insee à la date de rédaction.

Cipav, assurances, TVA : ce qui pèse sur le revenu d'un architecte ou d'un ingénieur-conseil

Particularité sociale de ce secteur : les architectes, les maîtres d'œuvre, les économistes de la construction, les géomètres experts et les ingénieurs-conseils font partie des professions libérales encore rattachées à la Cipav. En micro-entreprise, leur taux de cotisations est donc celui des professions libérales affiliées à la Cipav, 23,2 % du chiffre d'affaires en 2026, et non le taux du régime général des indépendants. L'activité libérale de conception ou de conseil relève le plus souvent des BNC, avec un abattement de 34 % pour l'impôt et le plafond de 83 600 € commun aux prestations de services.

Les frais réels y sont souvent plus lourds que dans le conseil pur : assurances professionnelles (dont l'assurance décennale lorsqu'elle est exigée), logiciels de conception et de calcul, matériel de mesure ou d'impression, déplacements sur les chantiers. En micro-entreprise, aucun de ces postes n'est déductible : ils sont réputés couverts par l'abattement forfaitaire, qui ne sert qu'au calcul de l'impôt. C'est l'une des raisons qui peuvent orienter vers l'EI au réel ou une société, où chaque dépense justifiée réduit le résultat.

Exemple chiffré (hypothèse d'illustration) : un ingénieur-conseil en micro-entreprise encaisse 45 000 € HT sur l'année. Cotisations au taux Cipav : 45 000 × 23,2 % = 10 440 €. Revenu imposable : 45 000 × 66 % = 29 700 €, soit environ 2 014 € d'impôt au barème 2026 pour une part et ce seul revenu. Il lui reste environ 32 546 €, hors contribution à la formation professionnelle, avant assurances, logiciels et déplacements. Le même chiffre d'affaires soumis au taux du régime général (25,6 %) coûterait 1 080 € de cotisations de plus.

À 45 000 €, le seuil majoré de la franchise en base de TVA des prestations de services (41 250 €) est dépassé : la TVA est due dès la date du dépassement. Le mécanisme est détaillé sur la page franchise en base de TVA ; pour comparer les statuts à partir de vos propres montants, utilisez le comparateur multi-statuts.

Sources officielles

Ingénierie, conseil, informatique : les fiches voisines

Les autres secteurs suivis sur ce site, présentés avec les mêmes tableaux Insee :

Questions fréquentes

Ce chiffre distingue-t-il les architectes des ingénieurs ?

Non : l'Insee publie un revenu unique pour la division « Architecture, ingénierie », qui regroupe les deux professions ainsi que les bureaux d'études techniques et le contrôle technique, sans détail séparé par profession à ce niveau de granularité dans ses publications de référence sur les revenus des non-salariés.

Pourquoi la part de micro-entrepreneurs est-elle plus faible dans ce secteur (41,3 %) que chez les développeurs (70,5 %) ou les formateurs (80,1 %) ?

L'Insee ne détaille pas les causes de cette différence dans cette publication ; une explication plausible, à prendre comme une hypothèse et non comme un fait confirmé par l'Insee, tient au caractère plus réglementé de ces activités (inscription à l'ordre des architectes, assurance décennale obligatoire, montants de contrats souvent plus élevés) qui pousse davantage vers l'EI au réel, l'EURL ou la SASU que vers la micro-entreprise, comparé à des activités de conseil ou de développement moins encadrées.

Un architecte ou un ingénieur-conseil paie-t-il les mêmes cotisations qu'un consultant en micro-entreprise ?

Non. Ces professions relèvent de la Cipav : en micro-entreprise, leur taux est de 23,2 % du chiffre d'affaires en 2026, contre 25,6 % pour les professions libérales non réglementées rattachées au régime général des indépendants, comme la plupart des consultants et des développeurs. L'abattement retenu pour le calcul de l'impôt est en revanche le même, 34 %. Le rattachement dépend de l'activité exacte déclarée auprès du guichet unique : vérifiez-le au moment de la création.

Périmètre : la division 71 de la nomenclature Insee, qui réunit architectes, ingénieurs-conseils, bureaux d'études et contrôle technique sans les séparer.
Moyennes nationales Insee disponibles au 12/09/2026 et exemple calculé avec les taux 2026 du site, à titre pédagogique. Pour une décision de statut, simulez votre propre chiffre d'affaires et faites-vous conseiller par un expert-comptable.