Combien gagne un consultant indépendant ?
Conseil en stratégie, en organisation, en transformation ou en management : le conseil de gestion est l'un des secteurs où le revenu moyen des non-salariés classiques dépasse le plus nettement la moyenne nationale tous secteurs confondus — mais c'est aussi l'un de ceux où l'écart avec les micro-entrepreneurs du même secteur est le plus marqué.
Le revenu mensuel moyen, secteur Conseil de gestion
Repère national 2024, tous secteurs réunis : un non-salarié classique perçoit en moyenne 4 150 €/mois (+0,7 % en un an en euros constants) et un micro-entrepreneur 680 €/mois, pour un revenu médian de 330 €/mois chez ces derniers. Le conseil de gestion dépasse donc d'environ 360 €/mois la moyenne des non-salariés classiques, alors que ses micro-entrepreneurs (980 €) restent très loin du revenu moyen des consultants installés hors micro-entreprise.
Conseil de gestion : effectifs et revenus par catégorie
| Catégorie | Effectifs | Revenu mensuel moyen | Revenu annuel moyen (×12) |
|---|---|---|---|
| Non-salariés classiques (2024) | 61 000 | 4 510 € | 54 120 € |
| Non-salariés classiques (2023) | n.d. | 4 330 € | 51 960 € |
| Micro-entrepreneurs (2023) | n.d. | 980 € | 11 760 € |
| Effectif total du secteur (2023, classique + ME) | 185 000 | — | — |
Les évolutions sur un an sont publiées par l'Insee en euros constants, c'est-à-dire corrigées de l'inflation (2,0 % en 2024), alors que les revenus mensuels sont exprimés en euros courants et que les montants 2023 proviennent de la publication de l'année précédente, parfois révisée depuis. L'écart entre les deux lignes du tableau ne correspond donc pas exactement au pourcentage affiché.
Ce que mesure le chiffre du conseil de gestion
Ce sous-secteur (sous-classe 70.22 de la nomenclature Insee, « Conseil pour les affaires et autres conseils de gestion ») regroupe aussi bien les consultants indépendants que de petites structures employant des salariés — le chiffre publié par l'Insee porte sur le revenu du non-salarié lui-même (dirigeant ou entrepreneur individuel), pas sur le chiffre d'affaires de la structure.
Décalage d'un an à garder en tête : le revenu moyen des consultants en micro-entreprise provient de la dernière ventilation sectorielle publiée par l'Insee, qui porte sur 2023, alors que celui des consultants au réel ou en société est déjà disponible pour 2024. Les deux montants ne décrivent donc pas exactement la même année.
Du TJM au revenu : ce que la moyenne ne dit pas d'un consultant
Un consultant raisonne rarement en revenu mensuel : il facture un taux journalier moyen (TJM) sur un nombre de jours vendus, et c'est ce nombre de jours qui fait la différence. Les périodes d'intercontrat, le temps passé en prospection, en rédaction de propositions ou en formation ne sont pas facturés : un TJM élevé ne garantit donc pas un revenu annuel élevé. Beaucoup de consultants passent aussi par le portage salarial ; un consultant porté a le statut de salarié et n'entre pas dans la statistique des non-salariés présentée ici.
Sur le plan fiscal, le conseil en stratégie, en organisation ou en management est une prestation intellectuelle. En micro-entreprise, il relève en général des bénéfices non commerciaux (BNC) : abattement de 34 % pour le calcul de l'impôt et, pour ces activités libérales non réglementées rattachées au régime général des indépendants, cotisations de 25,6 % du chiffre d'affaires en 2026. Le plafond de chiffre d'affaires de la micro-entreprise est de 83 600 € pour ce type de prestations.
Exemple chiffré (hypothèse d'illustration) : 120 jours facturés à 500 € HT, soit 60 000 € de chiffre d'affaires en micro-entreprise. Cotisations : 60 000 × 25,6 % = 15 360 €. Revenu imposable après abattement : 60 000 × 66 % = 39 600 €, soit environ 4 984 € d'impôt au barème 2026 pour une part, en ne comptant que ce revenu. Il reste environ 39 656 € sur l'année, hors contribution à la formation professionnelle, avant de payer les frais réels : déplacements chez les clients, logiciels, assurance responsabilité civile professionnelle, éventuel espace de coworking. En micro-entreprise, ces dépenses ne réduisent ni les cotisations ni l'impôt : l'abattement de 34 % ne sert qu'à calculer l'impôt.
Côté TVA, ce niveau d'activité dépasse les deux seuils de la franchise en base applicables aux prestations de services (37 500 € et 41 250 € en seuil majoré) : le consultant facture la TVA dès le dépassement du seuil majoré. Pour une clientèle d'entreprises qui récupère la TVA, le coût de la mission ne change guère ; le détail figure sur la page franchise en base de TVA. Pour tester votre propre TJM, le simulateur TJM freelance compare micro-entreprise, EI au réel, EURL, SASU et portage salarial.
Sources officielles
- Insee Première n°2114 — Les revenus d'activité des non-salariés en 2024
- Insee Première n°2060 — Les revenus d'activité des non-salariés en 2023
- Insee — Revenus d'activité des non-salariés par activité (tableau détaillé par secteur)
Le conseil face aux autres métiers indépendants
Même source Insee pour chaque fiche ; comparez le conseil de gestion aux secteurs voisins, de l'informatique à l'ingénierie :
Questions fréquentes
Ce chiffre inclut-il les consultants indépendants en solo, ou aussi les cabinets de conseil qui emploient des salariés ?
Les deux cas de figure sont mélangés dans l'effectif du secteur, mais le revenu publié par l'Insee mesure le revenu personnel du non-salarié (le dirigeant ou l'entrepreneur individuel), pas le chiffre d'affaires facturé par sa structure ni les éventuels salaires versés à des employés. Un consultant solo sans salarié et le gérant d'un petit cabinet de 3 personnes apparaissent tous deux dans ce même secteur, avec chacun son propre revenu déclaré.
Pourquoi le revenu des consultants classiques a-t-il progressé plus vite (+3,0 %) que la moyenne nationale (+0,7 %) en 2024, en euros constants ?
L'Insee publie l'évolution chiffrée mais ne détaille pas les causes sectorielles précises de chaque variation d'une année sur l'autre — nous nous limitons ici à rapporter le chiffre officiel plutôt qu'à en proposer une explication non vérifiée. Une hausse de +3,0 % sur un an en euros constants (un peu plus de 4 % en euros courants d'après les montants affichés) reste dans l'ordre de grandeur des variations observées d'une année à l'autre sur ce secteur, sans qu'il s'agisse nécessairement d'une tendance de fond appelée à se poursuivre.
Un consultant peut-il rester en micro-entreprise avec un TJM élevé ?
Oui, tant que son chiffre d'affaires annuel reste sous le plafond de 83 600 € applicable aux prestations de services et aux activités libérales. À 500 € la journée, ce plafond correspond à environ 167 jours facturés. Le seuil de la franchise en base de TVA (37 500 €, 41 250 € en seuil majoré) est en revanche atteint bien plus tôt, dès 75 jours à ce tarif. Si les frais réels deviennent importants, l'EI au réel, l'EURL ou la SASU, qui déduisent les dépenses réellement engagées, peuvent devenir plus intéressantes que la micro-entreprise.