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Mis à jour le — données Insee 2024 / 2023

Combien gagne un consultant indépendant ?

En bref : Selon l'Insee, un consultant non salarié classique (conseil de gestion) gagne en moyenne 4 510 € par mois en 2024 (+3,0 % en euros constants), un micro-entrepreneur du secteur 980 € (2023) ; 69,7 % des non-salariés du secteur sont micro-entrepreneurs. En micro-entreprise, le conseil relève des BNC : 25,6 % de cotisations, abattement de 34 %, plafond de 83 600 €.

Conseil en stratégie, en organisation, en transformation ou en management : le conseil de gestion est l'un des secteurs où le revenu moyen des non-salariés classiques dépasse le plus nettement la moyenne nationale tous secteurs confondus — mais c'est aussi l'un de ceux où l'écart avec les micro-entrepreneurs du même secteur est le plus marqué.

Le revenu mensuel moyen, secteur Conseil de gestion

4 510 €
non-salariés classiques (hors micro-entreprise), 2024 — +3,0 % vs 2023, en euros constants
980 €
micro-entrepreneurs, 2023 (dernière année détaillée par secteur)
69,7 %
de micro-entrepreneurs parmi les non-salariés du secteur, 2023

Repère national 2024, tous secteurs réunis : un non-salarié classique perçoit en moyenne 4 150 €/mois (+0,7 % en un an en euros constants) et un micro-entrepreneur 680 €/mois, pour un revenu médian de 330 €/mois chez ces derniers. Le conseil de gestion dépasse donc d'environ 360 €/mois la moyenne des non-salariés classiques, alors que ses micro-entrepreneurs (980 €) restent très loin du revenu moyen des consultants installés hors micro-entreprise.

Conseil de gestion : effectifs et revenus par catégorie

CatégorieEffectifsRevenu mensuel moyenRevenu annuel moyen (×12)
Non-salariés classiques (2024)61 0004 510 €54 120 €
Non-salariés classiques (2023)n.d.4 330 €51 960 €
Micro-entrepreneurs (2023)n.d.980 €11 760 €
Effectif total du secteur (2023, classique + ME)185 000——

Les évolutions sur un an sont publiées par l'Insee en euros constants, c'est-à-dire corrigées de l'inflation (2,0 % en 2024), alors que les revenus mensuels sont exprimés en euros courants et que les montants 2023 proviennent de la publication de l'année précédente, parfois révisée depuis. L'écart entre les deux lignes du tableau ne correspond donc pas exactement au pourcentage affiché.

Ce que mesure le chiffre du conseil de gestion

Ce sous-secteur (sous-classe 70.22 de la nomenclature Insee, « Conseil pour les affaires et autres conseils de gestion ») regroupe aussi bien les consultants indépendants que de petites structures employant des salariés — le chiffre publié par l'Insee porte sur le revenu du non-salarié lui-même (dirigeant ou entrepreneur individuel), pas sur le chiffre d'affaires de la structure.

Décalage d'un an à garder en tête : le revenu moyen des consultants en micro-entreprise provient de la dernière ventilation sectorielle publiée par l'Insee, qui porte sur 2023, alors que celui des consultants au réel ou en société est déjà disponible pour 2024. Les deux montants ne décrivent donc pas exactement la même année.

Du TJM au revenu : ce que la moyenne ne dit pas d'un consultant

Un consultant raisonne rarement en revenu mensuel : il facture un taux journalier moyen (TJM) sur un nombre de jours vendus, et c'est ce nombre de jours qui fait la différence. Les périodes d'intercontrat, le temps passé en prospection, en rédaction de propositions ou en formation ne sont pas facturés : un TJM élevé ne garantit donc pas un revenu annuel élevé. Beaucoup de consultants passent aussi par le portage salarial ; un consultant porté a le statut de salarié et n'entre pas dans la statistique des non-salariés présentée ici.

Sur le plan fiscal, le conseil en stratégie, en organisation ou en management est une prestation intellectuelle. En micro-entreprise, il relève en général des bénéfices non commerciaux (BNC) : abattement de 34 % pour le calcul de l'impôt et, pour ces activités libérales non réglementées rattachées au régime général des indépendants, cotisations de 25,6 % du chiffre d'affaires en 2026. Le plafond de chiffre d'affaires de la micro-entreprise est de 83 600 € pour ce type de prestations.

Exemple chiffré (hypothèse d'illustration) : 120 jours facturés à 500 € HT, soit 60 000 € de chiffre d'affaires en micro-entreprise. Cotisations : 60 000 × 25,6 % = 15 360 €. Revenu imposable après abattement : 60 000 × 66 % = 39 600 €, soit environ 4 984 € d'impôt au barème 2026 pour une part, en ne comptant que ce revenu. Il reste environ 39 536 € sur l'année, contribution à la formation professionnelle déduite (0,2 % du chiffre d'affaires, soit 120 €), avant de payer les frais réels : déplacements chez les clients, logiciels, assurance responsabilité civile professionnelle, éventuel espace de coworking. En micro-entreprise, ces dépenses ne réduisent ni les cotisations ni l'impôt : l'abattement de 34 % ne sert qu'à calculer l'impôt.

Côté TVA, ce niveau d'activité dépasse les deux seuils de la franchise en base applicables aux prestations de services (37 500 € et 41 250 € en seuil majoré) : le consultant facture la TVA dès le dépassement du seuil majoré. Pour une clientèle d'entreprises qui récupère la TVA, le coût de la mission ne change guère ; le détail figure sur la page franchise en base de TVA. Pour tester votre propre TJM, le simulateur TJM freelance compare micro-entreprise, EI au réel, EURL, SASU et portage salarial.

Chiffre d'affaires déclaré dans le secteur (Urssaf 2025)

Les revenus ci-dessus viennent de l'Insee. L'Urssaf publie de son côté le chiffre d'affaires réellement déclaré par les auto-entrepreneurs, secteur par secteur. Dans le secteur « Conseil pour les affaires et autres conseils de gestion », 71 932 auto-entrepreneurs ont déclaré un chiffre d'affaires au quatrième trimestre 2025, sur 145 827 inscrits (49,3 %). Ils ont déclaré 2 030 millions d'euros en 2025 (+ 3,1 % sur un an), soit en moyenne 7 353 € par trimestre et par auto-entrepreneur actif, contre 4 961 € tous secteurs confondus. Sur l'année, cela représente de l'ordre de 29 400 € pour quelqu'un d'actif les quatre trimestres, soit environ 2 450 € de chiffre d'affaires par mois. Ce secteur regroupe le conseil pour les affaires et les autres conseils de gestion.

Ce que laisse ce chiffre d'affaires en micro-entreprise : avec 29 400 € de chiffre d'affaires annuel en activité libérale (cotisations de 25,6 %, abattement de 34 %), le moteur de calcul du site donne 7 526 € de cotisations sociales, 59 € de contribution à la formation professionnelle (0,2 %), 350 € d'impôt sur le revenu (une part, sans autre revenu, sans ACRE) et 21 465 € de net avant frais professionnels, soit environ 1 790 € par mois. Vos frais professionnels restent à déduire : la micro-entreprise ne permet pas de les retrancher avant impôt.

Ce chiffre d'affaires moyen ne se compare pas directement au revenu mesuré par l'Insee : il porte sur les seuls auto-entrepreneurs, avant cotisations, impôt et frais, et il inclut ceux qui exercent en complément d'une autre activité. Les chiffres par département et pour les autres secteurs sont sur la page auto-entrepreneurs : chiffres 2025 par département et par secteur.

Source : Urssaf, « Auto-entrepreneurs, par département x secteur d'activité », données au 4ᵉ trimestre 2025 (mise à jour du 24/07/2026), licence ODbL ; calculs mesindependants.fr.

Code APE et formalités : consultant indépendant

Le consultant en organisation, stratégie, marketing ou ressources humaines relève du code APE 70.22Z, « Conseil pour les affaires et autres conseils de gestion ». La nomenclature en exclut le conseil juridique (69.10Z), le conseil comptable (69.20Z), le conseil informatique (62.02A) et l'ingénierie (71.12B), qui ont leurs propres codes. Le code APE est attribué par l'Insee à des fins statistiques, « sans créer de droits ou d'obligations » (article 5 du décret n° 2007-1888) : il ne fixe ni vos cotisations ni votre régime fiscal, qui découlent de l'activité réellement déclarée au guichet unique. Au 1ᵉʳ janvier 2027, la nouvelle nomenclature (NAF 2025) renumérote ces codes sans changer leur contenu : 70.22Z devient 70.20Y, 62.02A 62.20G, 69.10Z 69.10Y, 69.20Z 69.20Y et 71.12B 71.12Y. Le code réellement attribué à votre entreprise se consulte dès maintenant sur sirene.gouv.fr avec votre numéro SIREN (« Code APE 2025 ») ; comme l'ancien, il ne crée ni droit ni obligation et ne change ni vos cotisations ni votre régime fiscal.

Le conseil aux entreprises est une profession libérale non réglementée : aucun diplôme, aucun ordre ni carte professionnelle n'est exigé, et l'assurance de responsabilité civile professionnelle reste facultative, même si les clients grands comptes la demandent souvent. La seule formalité est l'immatriculation via le guichet unique. Les honoraires relèvent des BNC ; les créateurs depuis 2018 sont rattachés au régime général des indépendants (pas à la Cipav), d'où le taux de 25,6 % en micro-entreprise indiqué plus haut.

Sources officielles (liens vérifiés le 19/10/2026)

  • Insee Première n°2114 — Les revenus d'activité des non-salariés en 2024
  • Insee Première n°2060 — Les revenus d'activité des non-salariés en 2023
  • Insee — Revenus d'activité des non-salariés par activité (tableau détaillé par secteur)
  • Insee, NAF rév. 2 — sous-classe 70.22Z « Conseil pour les affaires et autres conseils de gestion » (consulté le 25/09/2026)
  • economie.gouv.fr — activités libérales non réglementées ouvertes à la micro-entreprise (consulté le 25/09/2026)
  • Bpifrance Création — professions libérales : réglementées ou non, régime social et fiscal (consulté le 25/09/2026)
  • Insee — le code APE, définition et portée (à des fins statistiques) (consulté le 25/09/2026)
  • Urssaf, données ouvertes — auto-entrepreneurs par département et secteur d'activité, 4ᵉ trimestre 2025 (consulté le 03/10/2026)
  • Insee — table de correspondances NAF rév. 2 → NAF 2025 (janvier 2026) et Entreprendre.service-public, fiche F33050 — nouveau code APE au 1ᵉʳ janvier 2027 (consultés le 28/10/2026)

Le conseil face aux autres métiers indépendants

Même source Insee pour chaque fiche ; comparez le conseil de gestion aux secteurs voisins, de l'informatique à l'ingénierie :

Questions fréquentes

Ce chiffre inclut-il les consultants indépendants en solo, ou aussi les cabinets de conseil qui emploient des salariés ?

Les deux cas de figure sont mélangés dans l'effectif du secteur, mais le revenu publié par l'Insee mesure le revenu personnel du non-salarié (le dirigeant ou l'entrepreneur individuel), pas le chiffre d'affaires facturé par sa structure ni les éventuels salaires versés à des employés. Un consultant solo sans salarié et le gérant d'un petit cabinet de 3 personnes apparaissent tous deux dans ce même secteur, avec chacun son propre revenu déclaré.

Pourquoi le revenu des consultants classiques a-t-il progressé plus vite (+3,0 %) que la moyenne nationale (+0,7 %) en 2024, en euros constants ?

L'Insee publie l'évolution chiffrée mais ne détaille pas les causes sectorielles précises de chaque variation d'une année sur l'autre — nous nous limitons ici à rapporter le chiffre officiel plutôt qu'à en proposer une explication non vérifiée. Une hausse de +3,0 % sur un an en euros constants (un peu plus de 4 % en euros courants d'après les montants affichés) reste dans l'ordre de grandeur des variations observées d'une année à l'autre sur ce secteur, sans qu'il s'agisse nécessairement d'une tendance de fond appelée à se poursuivre.

Un consultant peut-il rester en micro-entreprise avec un TJM élevé ?

Oui, tant que son chiffre d'affaires annuel reste sous le plafond de 83 600 € applicable aux prestations de services et aux activités libérales. À 500 € la journée, ce plafond correspond à environ 167 jours facturés. Le seuil de la franchise en base de TVA (37 500 €, 41 250 € en seuil majoré) est en revanche atteint bien plus tôt, dès 75 jours à ce tarif. Si les frais réels deviennent importants, l'EI au réel, l'EURL ou la SASU, qui déduisent les dépenses réellement engagées, peuvent devenir plus intéressantes que la micro-entreprise.

Quel code APE pour un consultant, et quelles formalités avant de commencer ?

Le code 70.22Z « Conseil pour les affaires et autres conseils de gestion », attribué par l'Insee à des fins statistiques (le conseil juridique, comptable, informatique et l'ingénierie ont d'autres codes). Le conseil aux entreprises est une profession libérale non réglementée : ni diplôme, ni ordre, ni carte professionnelle ; la responsabilité civile professionnelle est facultative. Seule formalité : l'immatriculation via le guichet unique, avec des honoraires en BNC et le régime général des indépendants pour les créateurs depuis 2018. Au 1ᵉʳ janvier 2027 (NAF 2025), 70.22Z devient 70.20Y et 62.02A devient 62.20G.

Combien gagne un consultant freelance par mois ?

Un consultant freelance ne touche pas un salaire mais un chiffre d'affaires : TJM × jours facturés, dont il faut retirer cotisations et impôt. La moyenne Insee de cette page vaut pour tous les non-salariés du secteur, débutants et temps partiels compris. Pour un cas précis, par exemple 500 € par jour et 160 jours facturés (80 000 € HT dans l'année), le simulateur TJM du site donne, avec les barèmes 2026, sans ACRE, sans frais réels et pour une part fiscale, environ 4 201 € net par mois en micro-entreprise (BNC), 3 875 € en EURL à l'IS (rémunération intégrale), 3 806 € en SASU (répartition rémunération/dividendes optimisée) et 3 117 € en portage salarial. Chaque paramètre déplace ces montants : entrez les vôtres dans le simulateur.

Périmètre : la sous-classe 70.22 de la nomenclature Insee, qui ne distingue ni les spécialités de conseil ni la taille des structures ; voir la section « Ce que mesure le chiffre du conseil de gestion » plus haut.
Données Insee les plus récentes à la date de rédaction (12/09/2026) ; exemple chiffré calculé avec les taux 2026 retenus par le site. Ces montants ne remplacent ni une simulation sur votre propre TJM, ni l'avis d'un expert-comptable.