Combien gagne un juriste indépendant ?
Conseil juridique, rédaction d'actes non réglementés, comptabilité freelance : le secteur « Activités juridiques et comptables » affiche le revenu moyen le plus élevé de toutes les fiches métier de ce site — mais ce chiffre est tiré vers le haut par des professions réglementées (avocats, experts-comptables) qui, justement, ne peuvent pas exercer en micro-entreprise. À lire avant tout le reste sur cette page.
Le revenu mensuel moyen, secteur Activités juridiques et comptables
À titre de comparaison, tous secteurs confondus en 2024 : 4 150 €/mois en moyenne pour les non-salariés classiques (+0,7 % sur un an en euros constants). Le secteur juridique et comptable est le plus rémunérateur des secteurs isolés sur ce site — mais c'est aussi celui où la micro-entreprise a le moins sa place, pour des raisons réglementaires plutôt qu'économiques.
Le détail, non-salariés classiques
| Catégorie | Effectifs | Revenu mensuel moyen | Revenu annuel moyen (×12) |
|---|---|---|---|
| Non-salariés classiques (2024) | 105 000 | 8 240 € | 98 880 € |
| Micro-entrepreneurs (2023) | n.d. | ns | ns |
| Effectif total du secteur (2023, classique + ME) | n.d. | — | — |
Que recouvre exactement ce chiffre ?
Ce secteur (division 69 de la nomenclature Insee, « Activités juridiques et comptables », au sein de la section M) regroupe des professions très hétérogènes du point de vue du statut : avocats, notaires et experts-comptables d'un côté — des professions libérales réglementées explicitement exclues du régime micro-entrepreneur, qui exercent via des structures dédiées (société civile professionnelle, société d'exercice libéral, association) — et de l'autre des profils non réglementés comme le juriste indépendant en conseil ou en rédaction d'actes, l'assistant juridique freelance ou le comptable non-expert, qui eux peuvent parfaitement exercer en micro-entreprise.
Le revenu moyen de 8 240 €/mois reflète très majoritairement les professions réglementées, numériquement dominantes dans ce secteur Insee — ce n'est donc pas un revenu représentatif d'un « juriste indépendant » type en micro-entreprise ou en EURL. C'est aussi pour cette raison que l'Insee ne publie pas de revenu moyen ni de part fiable de micro-entrepreneurs pour ce secteur dans le tableau détaillé (« non significatif », faute d'effectif suffisant) : contrairement aux autres fiches métier de ce site, on ne peut donc pas afficher ici de chiffre micro-entreprise sourcé.
Et pour votre propre situation ?
Si vous envisagez une activité juridique ouverte aux non-avocats (information juridique, formation, rédaction de contenus, conseil accessoire — voir le périmètre légal ci-dessous) ou de comptabilité freelance sans le titre d'expert-comptable, les statuts comparés sur ce site (micro-entreprise, EI au réel, EURL, SASU, portage salarial) s'appliquent normalement à vous. Utilisez le comparateur multi-statuts ou le simulateur TJM freelance avec vos propres montants. En revanche, si vous visez le titre d'avocat, de notaire ou d'expert-comptable, ces statuts ne s'appliquent pas à votre activité réglementée : renseignez-vous auprès de votre ordre ou de votre barreau sur les structures d'exercice qui vous sont ouvertes (SCP, SEL, association).
Chiffre d'affaires déclaré dans le secteur (Urssaf 2025)
Les revenus ci-dessus viennent de l'Insee. L'Urssaf publie de son côté le chiffre d'affaires réellement déclaré par les auto-entrepreneurs, secteur par secteur. Dans le secteur « Activités juridiques », 1 207 auto-entrepreneurs ont déclaré un chiffre d'affaires au quatrième trimestre 2025, sur 1 912 inscrits (63,1 %). Ils ont déclaré 37 millions d'euros en 2025 (+ 14,1 % sur un an), soit en moyenne 8 532 € par trimestre et par auto-entrepreneur actif, contre 4 961 € tous secteurs confondus. Sur l'année, cela représente de l'ordre de 34 100 € pour quelqu'un d'actif les quatre trimestres, soit environ 2 840 € de chiffre d'affaires par mois. Ce secteur est très étroit en micro-entreprise.
Ce chiffre d'affaires moyen ne se compare pas directement au revenu mesuré par l'Insee : il porte sur les seuls auto-entrepreneurs, avant cotisations, impôt et frais, et il inclut ceux qui exercent en complément d'une autre activité. Les chiffres par département et pour les autres secteurs sont sur la page auto-entrepreneurs : chiffres 2025 par département et par secteur.
Source : Urssaf, « Auto-entrepreneurs, par département x secteur d'activité », données au 4ᵉ trimestre 2025 (mise à jour du 24/07/2026), licence ODbL ; calculs mesindependants.fr.
Code APE et formalités : juriste indépendant sans le titre d'avocat
Les avocats, notaires et commissaires de justice relèvent du code APE 69.10Z, « Activités juridiques ». Un juriste indépendant sans titre réglementé peut se voir attribuer ce même code ou, si son conseil s'inscrit dans une prestation de conseil aux entreprises, le code 70.22Z : l'Insee tranche d'après l'activité déclarée. Le code APE est attribué par l'Insee à des fins statistiques, « sans créer de droits ou d'obligations » (article 5 du décret n° 2007-1888) : il ne fixe ni vos cotisations ni votre régime fiscal, qui découlent de l'activité réellement déclarée au guichet unique. Au 1ᵉʳ janvier 2027, la nouvelle nomenclature (NAF 2025) renumérote ces codes sans changer leur contenu : 69.10Z devient 69.10Y, « Activités juridiques », et 70.22Z devient 70.20Y. Le code réellement attribué à votre entreprise se consulte dès maintenant sur sirene.gouv.fr avec votre numéro SIREN (« Code APE 2025 ») ; comme l'ancien, il ne crée ni droit ni obligation et ne change ni vos cotisations ni votre régime fiscal.
Le point décisif n'est pas le code mais le périmètre légal : la loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971 (article 54) réserve la consultation juridique et la rédaction d'actes sous seing privé pour autrui, exercées à titre habituel et rémunéré, aux professions autorisées — avocats, notaires, commissaires de justice, et, dans leur domaine, d'autres professions réglementées comme les experts-comptables. Une profession non réglementée ne peut donner de conseil juridique qu'à titre accessoire de son activité principale, et sous conditions (article 60). Restent ouverts au juriste freelance : l'information juridique générale, la formation, la rédaction de contenus et la veille, le conseil accessoire à une autre mission, ou l'exercice comme juriste salarié ou en portage salarial. Aucun ordre ni carte n'existe pour cette activité ; l'immatriculation se fait via le guichet unique et les honoraires relèvent des BNC. Faites valider votre offre par un avocat ou par votre CCI avant de la commercialiser.
Sources officielles (liens vérifiés le 19/10/2026)
- Insee Première n°2114 — Les revenus d'activité des non-salariés en 2024
- Insee — Revenus d'activité des non-salariés par activité (tableau détaillé par secteur)
- INPI — Les types d'activités possibles en tant que micro-entrepreneur (professions réglementées exclues)
- economie.gouv.fr — Quelles activités peut-on exercer en micro-entreprise ?
- Insee, NAF rév. 2 — sous-classe 69.10Z « Activités juridiques » (consulté le 25/09/2026)
- Sénat, réponse ministérielle du 23/11/2006 — conditions d'exercice du conseil juridique par les non-avocats (loi du 31 décembre 1971) (consulté le 25/09/2026)
- Direction des affaires juridiques (economie.gouv.fr) — fiche technique sur les prestataires de services juridiques autorisés (consulté le 25/09/2026)
- Insee — le code APE, définition et portée (à des fins statistiques) (consulté le 25/09/2026)
- Urssaf, données ouvertes — auto-entrepreneurs par département et secteur d'activité, 4ᵉ trimestre 2025 (consulté le 03/10/2026)
- Insee — table de correspondances NAF rév. 2 → NAF 2025 (janvier 2026) et Entreprendre.service-public, fiche F33050 — nouveau code APE au 1ᵉʳ janvier 2027 (consultés le 28/10/2026)
Droit, chiffre et autres métiers : les fiches revenus
Pour comparer avec des secteurs où la micro-entreprise est plus répandue, voici les autres fiches Insee du site :
Questions fréquentes
Un avocat ou un expert-comptable peut-il exercer en micro-entreprise ?
Non. Les avocats, comme les autres professions juridiques et judiciaires réglementées (notaires, commissaires de justice...), sont explicitement exclus du régime micro-entrepreneur car ils relèvent d'une caisse de retraite spécifique (la CNBF pour les avocats) plutôt que de la Cipav ou de la Sécurité sociale des indépendants. Les experts-comptables et commissaires aux comptes sont exclus pour un motif similaire, propre aux professions libérales réglementées (source : INPI). Ces professions exercent via des structures dédiées — société civile professionnelle, société d'exercice libéral, association — hors du champ des statuts comparés sur ce site (micro-entreprise, EI, EURL, SASU, portage salarial).
Qui peut alors être micro-entrepreneur dans le secteur « Activités juridiques et comptables » ?
Des profils non réglementés du même secteur Insee : juriste indépendant dans le périmètre ouvert aux non-avocats (information juridique, formation, conseil accessoire à une autre mission), assistant juridique freelance, comptable non-expert (saisie, tenue de comptabilité pour de petites structures, sans les missions réservées à l'expert-comptable comme l'établissement de comptes annuels avec certification). Ces profils existent bel et bien en micro-entreprise, mais en nombre trop faible dans ce secteur pour que l'Insee publie un revenu moyen ou une part fiable à leur échelle — d'où l'indication « non significatif » plutôt qu'un chiffre inventé.
Quel code APE pour un juriste indépendant, et que change-t-il ?
Le code 69.10Z « Activités juridiques », celui des avocats et notaires, ou le code 70.22Z si le conseil s'inscrit dans une prestation de conseil aux entreprises : l'Insee tranche d'après l'activité déclarée au guichet unique. Le code APE sert à la statistique et ne crée ni droits ni obligations (décret n° 2007-1888, article 5) : il ne fixe ni les cotisations ni le régime fiscal, et n'autorise pas à donner du conseil juridique à titre principal, réservé aux professions réglementées par la loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971. Au 1ᵉʳ janvier 2027 (NAF 2025), 69.10Z devient 69.10Y et 70.22Z devient 70.20Y.
Un juriste indépendant sans le titre d'avocat peut-il donner du conseil juridique ?
Pas à titre principal : la loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971 réserve la consultation juridique et la rédaction d'actes pour autrui, exercées de façon habituelle et rémunérée, aux avocats, notaires, commissaires de justice et à certaines professions réglementées dans leur domaine. Une activité non réglementée ne peut faire du conseil juridique qu'à titre accessoire et sous conditions. Le juriste freelance peut en revanche proposer de l'information juridique générale, de la formation, de la rédaction de contenus ou de la veille, ou exercer en portage salarial. Son code APE (69.10Z ou 70.22Z selon l'activité déclarée) n'a qu'une portée statistique.