Combien gagne un développeur indépendant ?
Développement web, applications, logiciels sur mesure, conseil technique : le secteur informatique concentre l'un des plus gros bataillons de non-salariés en France, et l'un de ceux où la micro-entreprise domine le plus largement en nombre — sans forcément dominer en revenu par personne.
Le revenu mensuel moyen, secteur Information et communication
Pour situer ces montants : en 2024, l'ensemble des non-salariés classiques gagne 4 150 €/mois en moyenne (+0,7 % sur un an en euros constants) et l'ensemble des micro-entrepreneurs 680 €/mois, la moitié d'entre eux déclarant moins de 330 €/mois. Le secteur Information et communication est proche de la moyenne pour les non-salariés classiques (4 190 €) et au-dessus pour les micro-entrepreneurs (1 050 €, chiffre 2023).
Information et communication : les chiffres par catégorie
| Catégorie | Effectifs | Revenu mensuel moyen | Revenu annuel moyen (×12) |
|---|---|---|---|
| Non-salariés classiques (2024) | 44 000 | 4 190 € | 50 280 € |
| Non-salariés classiques (2023) | n.d. | 4 070 € | 48 840 € |
| Micro-entrepreneurs (2023) | n.d. | 1 050 € | 12 600 € |
| Effectif total du secteur (2023, classique + ME) | 140 000 | — | — |
Les évolutions sur un an sont publiées par l'Insee en euros constants, c'est-à-dire corrigées de l'inflation (2,0 % en 2024), alors que les revenus mensuels sont exprimés en euros courants et que les montants 2023 proviennent de la publication de l'année précédente, parfois révisée depuis. L'écart entre les deux lignes du tableau ne correspond donc pas exactement au pourcentage affiché.
Développeurs, mais pas seulement : le périmètre du secteur
Ce secteur (section J de la nomenclature Insee, « Information et communication ») regroupe la programmation et le conseil informatique, mais aussi l'édition, l'audiovisuel et les télécommunications non salariées — des activités minoritaires en nombre de non-salariés face à la programmation/conseil informatique, mais que l'Insee ne détaille pas séparément à l'échelle d'une simple page de statistiques.
À noter également : la moyenne des micro-entrepreneurs date de 2023, dernière année pour laquelle l'Insee a publié la ventilation par secteur, tandis que celle des indépendants au réel ou en société porte sur 2024.
Développeur freelance : statut, frais et TVA en pratique
Le développement sur mesure, l'intégration ou le conseil technique sont des prestations intellectuelles : la quasi-totalité des développeurs indépendants se déclarent en BNC, le BIC restant réservé à des cas commerciaux précis comme la vente de licences logicielles standardisées. En micro-entreprise, cela signifie un abattement de 34 % pour l'impôt et, l'activité n'étant pas rattachée à la Cipav, le taux de cotisations du régime général des indépendants : 25,6 % du chiffre d'affaires en 2026, dans la limite de 83 600 € de chiffre d'affaires annuel.
Comme pour un consultant, le revenu dépend surtout du nombre de jours facturés : une mission longue en régie chez un client, parfois par l'intermédiaire d'une société de services ou d'une plateforme de mise en relation, n'a pas le même rythme qu'une succession de petits projets au forfait séparés par des semaines non facturées. Les postes de frais typiques sont le matériel informatique, les licences et abonnements (outils de développement, hébergement, services cloud ou API), la formation et, parfois, un poste en coworking.
Exemple chiffré (hypothèse d'illustration) : 90 jours à 400 € HT, soit 36 000 € de chiffre d'affaires. En micro-entreprise, les cotisations atteignent 36 000 × 25,6 % = 9 216 €. Le revenu imposable est de 36 000 × 66 % = 23 760 €, ce qui donne environ 1 046 € d'impôt au barème 2026 après décote (une part, ce seul revenu). Reste environ 25 666 € sur l'année, contribution à la formation professionnelle déduite (0,2 % du chiffre d'affaires, soit 72 €). Un ordinateur à 2 000 € ou des abonnements cloud se paient ensuite sur cette somme : en micro-entreprise, ils ne font baisser ni les cotisations ni l'impôt.
Avec 36 000 € de chiffre d'affaires, ce développeur reste sous le seuil de franchise en base de TVA des prestations de services (37 500 €) : il ne facture pas de TVA et ne récupère pas celle payée sur son matériel. Moins de quatre journées supplémentaires à ce tarif suffisent pourtant à atteindre ce seuil ; voir les seuils 2026 et les règles de dépassement. Les spécificités des profils IA (abonnements API, calcul GPU) sont détaillées sur la fiche développeur IA indépendant.
Chiffre d'affaires déclaré dans le secteur (Urssaf 2025)
Les revenus ci-dessus viennent de l'Insee. L'Urssaf publie de son côté le chiffre d'affaires réellement déclaré par les auto-entrepreneurs, secteur par secteur. Dans le secteur « Informatique, information et communication », 70 138 auto-entrepreneurs ont déclaré un chiffre d'affaires au quatrième trimestre 2025, sur 141 176 inscrits (49,7 %). Ils ont déclaré 2 132 millions d'euros en 2025 (+ 8,8 % sur un an), soit en moyenne 7 954 € par trimestre et par auto-entrepreneur actif, contre 4 961 € tous secteurs confondus. Sur l'année, cela représente de l'ordre de 31 800 € pour quelqu'un d'actif les quatre trimestres, soit environ 2 650 € de chiffre d'affaires par mois. Ce secteur est plus large que le seul développement : il regroupe toutes les activités d'information et de communication.
Ce que laisse ce chiffre d'affaires en micro-entreprise : avec 31 800 € de chiffre d'affaires annuel en activité libérale (cotisations de 25,6 %, abattement de 34 %), le moteur de calcul du site donne 8 141 € de cotisations sociales, 64 € de contribution à la formation professionnelle (0,2 %), 603 € d'impôt sur le revenu (une part, sans autre revenu, sans ACRE) et 22 993 € de net avant frais professionnels, soit environ 1 920 € par mois. Vos frais professionnels restent à déduire : la micro-entreprise ne permet pas de les retrancher avant impôt.
Ce chiffre d'affaires moyen ne se compare pas directement au revenu mesuré par l'Insee : il porte sur les seuls auto-entrepreneurs, avant cotisations, impôt et frais, et il inclut ceux qui exercent en complément d'une autre activité. Les chiffres par département et pour les autres secteurs sont sur la page auto-entrepreneurs : chiffres 2025 par département et par secteur.
Source : Urssaf, « Auto-entrepreneurs, par département x secteur d'activité », données au 4ᵉ trimestre 2025 (mise à jour du 24/07/2026), licence ODbL ; calculs mesindependants.fr.
Code APE et formalités : développeur freelance
Le développeur indépendant reçoit en général le code APE 62.01Z, « Programmation informatique » (conception, développement et test de logiciels, de sites web et de bases de données). Si l'activité déclarée est d'abord du conseil, de l'architecture ou de l'intégration de systèmes, l'Insee attribue plutôt 62.02A, « Conseil en systèmes et logiciels informatiques ». Le code APE est attribué par l'Insee à des fins statistiques, « sans créer de droits ou d'obligations » (article 5 du décret n° 2007-1888) : il ne fixe ni vos cotisations ni votre régime fiscal, qui découlent de l'activité réellement déclarée au guichet unique. Au 1ᵉʳ janvier 2027, la nouvelle nomenclature (NAF 2025) renumérote ces deux codes sans changer leur contenu : 62.01Z devient 62.10Y, « Activités de programmation informatique », et 62.02A devient 62.20G. Le code réellement attribué à votre entreprise se consulte dès maintenant sur sirene.gouv.fr avec votre numéro SIREN (« Code APE 2025 ») ; comme l'ancien, il ne crée ni droit ni obligation et ne change ni vos cotisations ni votre régime fiscal.
Le développement et le conseil informatique sont des activités libérales non réglementées : aucun diplôme ni inscription à un ordre, une assurance de responsabilité civile professionnelle facultative (souvent exigée contractuellement par les clients ou les plateformes) et une seule formalité, l'immatriculation via le guichet unique. La distinction BNC / BIC exposée plus haut dépend de ce que vous vendez, pas du code APE.
Sources officielles (liens vérifiés le 19/10/2026)
- Insee Première n°2114 — Les revenus d'activité des non-salariés en 2024
- Insee Première n°2060 — Les revenus d'activité des non-salariés en 2023
- Insee — Revenus d'activité des non-salariés par activité (tableau détaillé par secteur)
- Insee, NAF rév. 2 — sous-classe 62.01Z « Programmation informatique » (consulté le 25/09/2026)
- Insee, NAF rév. 2 — sous-classe 62.02A « Conseil en systèmes et logiciels informatiques » (consulté le 25/09/2026)
- economie.gouv.fr — activités libérales non réglementées ouvertes à la micro-entreprise (consulté le 25/09/2026)
- Insee — le code APE, définition et portée (à des fins statistiques) (consulté le 25/09/2026)
- Urssaf, données ouvertes — auto-entrepreneurs par département et secteur d'activité, 4ᵉ trimestre 2025 (consulté le 03/10/2026)
- Insee — table de correspondances NAF rév. 2 → NAF 2025 (janvier 2026) et Entreprendre.service-public, fiche F33050 — nouveau code APE au 1ᵉʳ janvier 2027 (consultés le 28/10/2026)
Revenus des indépendants : les autres fiches métier
Le même tableau Insee existe pour d'autres professions, du conseil au bâtiment :
Questions fréquentes
Le chiffre de 4 190 €/mois concerne-t-il spécifiquement les développeurs, ou un périmètre plus large ?
Un périmètre un peu plus large : l'Insee publie ce chiffre pour le secteur « Information et communication » dans son ensemble, qui inclut aussi l'édition, l'audiovisuel et les télécommunications non salariées, en plus de la programmation et du conseil informatique. Ces activités annexes restent minoritaires en nombre de non-salariés face aux développeurs et informaticiens, mais l'Insee ne publie pas de ventilation plus fine spécifique aux seuls développeurs dans ses publications de référence.
Pourquoi un développeur en micro-entreprise gagne-t-il en moyenne 1 050 € par mois, contre 4 190 € hors micro-entreprise ?
L'Insee ne chiffre pas les causes de cet écart, mais plusieurs éléments l'éclairent. En micro-entreprise, aucune charge réelle n'est déduite : l'abattement de 34 % en BNC en tient lieu, quel que soit le niveau réel des dépenses. Une partie des micro-entrepreneurs de l'informatique débutent, travaillent à temps partiel ou cumulent cette activité avec un emploi, ce qui tire la moyenne vers le bas. Enfin, le plafond de 83 600 € limite le chiffre d'affaires possible sous ce régime. Changer de statut ne multiplie donc pas le revenu par quatre : le comparateur multi-statuts montre l'écart réel à chiffre d'affaires égal.
Un développeur indépendant doit-il choisir le BIC ou le BNC ?
Dans la grande majorité des cas, le BNC : vous vendez une expertise (développement sur mesure, intégration, conseil technique), pas un produit. Le BIC ne concerne que des cas commerciaux précis, comme la vente de licences logicielles en série ou la revente de matériel. Si votre activité mélange les deux, faites confirmer la ventilation par un expert-comptable ou par le guichet unique avant de déclarer.
Quel code APE pour un développeur freelance, et quelles formalités avant de commencer ?
Le plus souvent 62.01Z « Programmation informatique », ou 62.02A « Conseil en systèmes et logiciels informatiques » quand le conseil domine ; le code sert à la statistique de l'Insee, il ne fixe ni les cotisations ni le régime fiscal. L'activité n'est pas réglementée : pas de diplôme, pas d'ordre, responsabilité civile professionnelle facultative. Seule formalité : l'immatriculation via le guichet unique. Au 1ᵉʳ janvier 2027 (NAF 2025), 62.01Z devient 62.10Y et 62.02A devient 62.20G.
Combien gagne un développeur freelance par mois ?
Un développeur freelance ne touche pas un salaire mais un chiffre d'affaires : TJM × jours facturés, dont il faut retirer cotisations et impôt. La moyenne Insee de cette page vaut pour tous les non-salariés du secteur, débutants et temps partiels compris. Pour un cas précis, par exemple 450 € par jour et 180 jours facturés (81 000 € HT dans l'année), le simulateur TJM du site donne, avec les barèmes 2026, sans ACRE, sans frais réels et pour une part fiscale, environ 4 247 € net par mois en micro-entreprise (BNC), 3 916 € en EURL à l'IS (rémunération intégrale), 3 850 € en SASU (répartition rémunération/dividendes optimisée) et 3 149 € en portage salarial. Chaque paramètre déplace ces montants : entrez les vôtres dans le simulateur.