Combien gagne un coiffeur ou une coiffeuse indépendant(e) ?
Salon, coiffure à domicile ou soins de beauté : c'est l'un des secteurs les plus peuplés de micro-entrepreneurs en France, avec plus de la moitié des non-salariés du secteur sous ce statut — mais aussi l'un des revenus moyens les plus modestes de toutes les fiches métier de ce site.
Le revenu mensuel moyen, secteur Coiffure et soins de beauté
Pour mesurer l'écart : tous secteurs confondus, un non-salarié classique déclare en 2024 un revenu moyen de 4 150 €/mois (+0,7 % sur un an en euros constants) et un micro-entrepreneur 680 €/mois, la médiane de ces derniers s'établissant à 330 €/mois. La coiffure et les soins de beauté restent sous ces deux repères : 1 690 € pour les indépendants hors micro-entreprise, 530 € pour les micro-entrepreneurs (2023).
Coiffure et esthétique : revenus par catégorie
| Catégorie | Effectifs | Revenu mensuel moyen | Revenu annuel moyen (×12) |
|---|---|---|---|
| Non-salariés classiques (2024) | 56 000 | 1 690 € | 20 280 € |
| Micro-entrepreneurs (2023) | n.d. | 530 € | 6 360 € |
| Effectif total du secteur (2023, classique + ME) | n.d. | — | — |
Salon, domicile, institut : le périmètre de la statistique
Ce secteur (classe 96.02 de la nomenclature Insee, « Coiffure et soins de beauté ») regroupe les salons et coiffeurs/coiffeuses à domicile aussi bien que les esthéticiennes, prothésistes ongulaires et instituts de soins du corps. L'Insee ne distingue pas la coiffure de l'esthétique dans cette publication de référence, alors que les deux activités n'ont pas forcément la même dynamique, ni les mêmes tarifs.
Précision de date : la moyenne des micro-entrepreneurs porte sur 2023, dernière ventilation sectorielle publiée, contre 2024 pour les coiffeurs et esthéticiennes installés hors micro-entreprise.
Salon ou domicile : ce que le coiffeur paie avant de se rémunérer
La coiffure est une activité artisanale : en micro-entreprise, elle relève des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) au titre des prestations de services, avec un taux de cotisations de 21,2 % du chiffre d'affaires en 2026, un abattement de 50 % pour le calcul de l'impôt et un plafond de 83 600 € de chiffre d'affaires. La revente de produits (shampooings, soins) relève en principe de la catégorie vente de marchandises, soumise à 12,3 % de cotisations avec un abattement de 71 %.
Les charges diffèrent selon le mode d'exercice. En salon, le loyer du local, l'agencement, l'électricité et l'eau pèsent lourd ; à domicile, ce sont surtout le véhicule, le carburant et le temps de trajet non facturé. Dans les deux cas s'ajoutent les produits (colorations, soins), le petit matériel (ciseaux, tondeuses, sèche-cheveux) et l'assurance responsabilité civile professionnelle. En micro-entreprise, ces dépenses restent entièrement à la charge du coiffeur : l'abattement de 50 % ne réduit que la base de l'impôt, pas les cotisations.
Exemple chiffré (hypothèse d'illustration) : une coiffeuse à domicile encaisse 30 000 € de prestations dans l'année. Cotisations : 30 000 × 21,2 % = 6 360 €. Revenu imposable : 30 000 × 50 % = 15 000 €, soit aucun impôt au barème 2026 : la décote efface l'impôt brut d'environ 374 € (une part, ce seul revenu). Il reste environ 23 640 €, hors contribution à la formation professionnelle, dont il faut encore retirer les produits, le matériel et les frais de véhicule. Si elle a créé son activité à partir du 1er juillet 2026 et qu'elle est éligible à l'ACRE, ses cotisations sont réduites de 25 % pendant la période d'exonération (voir les conditions de l'ACRE).
Avec 30 000 € de prestations, la franchise en base de TVA s'applique : son seuil est de 37 500 € pour les prestations de services et de 85 000 € pour la vente de marchandises. Une activité mixte, qui combine coiffure et revente de produits, suit des règles combinées : faites vérifier votre cas. Voir les seuils de franchise en base de TVA et, pour comparer les statuts, le comparateur multi-statuts.
Sources officielles
- Insee Première n°2114 — Les revenus d'activité des non-salariés en 2024
- Insee Première n°2060 — Les revenus d'activité des non-salariés en 2023
- Insee — Revenus d'activité des non-salariés par activité (tableau détaillé par secteur)
Coiffure et autres métiers : revenus comparés
Les mêmes données Insee, secteur par secteur, pour d'autres indépendants :
Questions fréquentes
Ce chiffre concerne-t-il seulement la coiffure, ou aussi l'esthétique ?
Les deux : l'Insee publie ce chiffre pour la classe « Coiffure et soins de beauté » de sa nomenclature, qui regroupe salons et coiffeurs/coiffeuses à domicile aussi bien qu'esthéticiennes, prothésistes ongulaires et instituts de soins du corps. L'Insee ne distingue pas la coiffure de l'esthétique dans cette publication de référence, alors que les deux métiers n'ont pas forcément les mêmes tarifs ni la même clientèle.
Pourquoi le revenu micro-entrepreneur (530 €) est-il si bas ?
Ce secteur cumule plusieurs facteurs qui tirent la moyenne vers le bas : une part de micro-entrepreneurs très élevée (57,4 %), qui inclut de nombreuses activités à temps partiel ou exercées en complément d'un autre revenu ; un abattement forfaitaire de 50 % qui ne reflète pas toujours les charges réelles (produits, matériel, déplacements pour la coiffure à domicile) ; et des tarifs souvent contraints par la concurrence locale. Pour savoir ce qu'un chiffre d'affaires de coiffeur laisse réellement selon le statut, utilisez le comparateur multi-statuts.
La revente de produits capillaires change-t-elle les cotisations en micro-entreprise ?
Oui. Les prestations (coupe, couleur, soin) sont soumises à 21,2 % de cotisations en 2026, alors que la vente de marchandises relève du taux de 12,3 %, avec un abattement de 71 % au lieu de 50 % pour l'impôt. Les plafonds diffèrent aussi : 83 600 € de chiffre d'affaires pour les prestations, 203 100 € pour la vente. Les deux montants se déclarent donc en principe séparément ; en cas de doute, rapprochez-vous de l'Urssaf ou d'un expert-comptable.